Davantage de places de crèche, plus abordables et avec du personnel (plus) qualifié: la ministre flamande en charge du Bien-être, Caroline Gennez (Vooruit), a présenté mercredi un "plan de réforme" du secteur de l'accueil de la petite enfance dans le nord du pays, avec ces trois objectifs en guise de lignes directrices.
Plus de places abordables et plus de personnel qualifié, la ministre Gennez présente son plan de réforme des crèches
Le gouvernement flamand précédent avait déjà été contraint de se pencher sur ses crèches et lieux de garde d'enfants. Le secteur avait été secoué par plusieurs incidents, dont le décès d'un bébé dans une crèche gantoise. Ce qui avait mené à la création d'une commission d'enquête parlementaire en 2022, mais aussi à une approche soudainement plus stricte de l'agence flamande responsable des autorisations. Avec pour résultat une hausse spectaculaire du nombre de crèches fermées par les autorités, et donc un manque de places de plus en plus criant dans certaines régions.
Le gouvernement avait réagi dans l'urgence, promettant une enveloppe supplémentaire de 270 millions d'euros, 5.000 places de plus et une baisse de la norme du nombre d'enfants par encadrant. La nouvelle ministre compétente, la socialiste Caroline Gennez, poursuit sur cette lancée.
Le gouvernement flamand a déjà annoncé, pour les prochaines années (2025-2027), 100 millions d'euros de plus par an, puis 150 en 2028 et 200 en 2029. Un "boost d'investissement", selon la communication du cabinet Gennez.
Créer des milliers de nouvelles places
L'argent doit en premier lieu servir à ouvrir de nouvelles crèches. Gand, Anvers et Bruxelles, villes où la situation est particulièrement critique, seront prioritaires. Combien de nouvelles places vise-t-on? "Plusieurs milliers", certainement, mais la ministre ne précise pas davantage.
La Flandre vise surtout la création de places subventionnées, pour lesquelles le prix demandé aux parents dépend de leur niveau de revenu. 50 millions d'euros iront au soutien de ces crèches, par exemple administratif, pédagogique, logistique, etc.
Permettre un accueil de qualité
La ministre parle également de la création d'un graduat spécifique pour l'accueil de la petite enfance, au plus tard en 2027. Il ne sera pas exigé pour travailler dans le secteur, mais permettra un accueil de qualité et un métier revalorisé, estime la ministre.
À terme, la participation financière des parents devrait aussi être réformée. L'idée est de tenir compte des moyens des ménages de manière plus large: pas seulement les revenus du travail, mais aussi les éventuels dividendes, par exemple.
Le plan présenté mercredi ne dit en revanche rien du ratio enfants-encadrant. La trajectoire prévue par le gouvernement précédent sera suivie, même si on peut encore "travailler" sur le sujet, selon la ministre. D'une norme actuelle d'un encadrant pour 8 (ou 9) enfants, on passe en 2027 à un pour 5 pour les groupes jusqu'à un an, 1 pour 7 pour les groupes d'âges mélangés, et 1 pour 8 pour les groupes d'enfants d'un an au moins.
