Le télescope Einstein pourrait contribuer à hauteur de 1,5 milliard d'euros à la croissance de la productivité et créer un millier d’emplois à temps plein en Flandre, selon une nouvelle étude du cabinet de conseil Ortelius. L'étude, commandée par le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) et la Provinciale Ontwikkelingsmaatschappij (POM) Limburg, met en évidence le potentiel du projet pour positionner la région comme un centre d'innovation.
Une étude décrit le télescope Einstein comme un moteur d’innovation et de productivité pour la Flandre
Le télescope Einstein souterrain sera le plus grand observatoire mondial d'ondes gravitationnelles d'Europe. Il permettra de mener des recherches révolutionnaires sur l'univers. La Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne envisagent conjointement le Limbourg, dans la région des trois frontières, comme emplacement possible. La Flandre a déjà engagé 200 millions d'euros pour ce projet.
Une opportunité rare
L'étude décrit le télescope comme une opportunité rare qui pourrait stimuler l'innovation technologique et la croissance économique. Le télescope pourrait contribuer jusqu'à 1,5 milliard d'euros à la croissance de la productivité et créer environ un millier d’emplois. De plus, la formation d'un cluster de haute technologie autour du site pourrait augmenter le nombre de diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM) et stimuler les inscriptions au doctorat en sciences et en ingénierie de 1,2 % d'ici une décennie.
En fonction de l'intensité de l'investissement dans l'innovation et la connaissance, le télescope Einstein pourrait nécessiter entre 5 021 et 12 142 années de travail. Une année d'emploi représente une année de travail à temps plein. "La construction elle-même offrirait déjà à la Flandre plus de 2 600 années de travail, et ce chiffre pourrait passer à plus de 6 600 si les bons choix sont faits", peut-on lire dans le rapport.
En outre, le rapport part du principe que le télescope sera opérationnel pendant au moins 50 ans. Même si cette phase ne dure que 30 ans, elle représenterait entre 2 300 et 5 455 années de travail en Flandre.
Matthias Diependaele considère le projet comme une chance de créer une "Silicon Valley dans l'Euregio Meuse-Rhin, qui pourrait favoriser une économie axée sur l'innovation pour les 50 prochaines années".
Le ministre-président flamand a souligné que le télescope sera une priorité dans le plan flamand pour la productivité et la croissance économique et a insisté sur la nécessité d'une coopération forte entre les universités, les entreprises et les décideurs politiques pour maximiser son impact.
Risques financiers
Cependant, l'étude met également en garde contre les risques financiers et logistiques potentiels, notamment les dépassements de budget et la nécessité d'une coordination étroite entre les autorités locales, régionales et nationales. Le coût total du télescope est estimé à 2,3 milliards d'euros. La construction devrait durer neuf ans, suivie de 50 ans d'exploitation.
Pour l’emplacement du site, la Belgique est en concurrence avec l'Italie (Sardaigne) et l'Allemagne (Saxe), qui ont également exprimé leur intérêt pour accueillir le télescope. Une décision finale sur l'emplacement est attendue en 2026.


