Avec ses six chiens, le Belge Stefan Goris (photo) a passé ce dimanche le premier la ligne d’arrivée en Norvège, au terme de trois étapes de 11 kilomètres chacune, qu’il a parcourues en moins d’une heure. En 2014, Goris avait aussi déjà été champion du monde de course de chiens de traineaux, avec une autre meute de chiens.
Stefan Goris de Zutendaal a remporté en Norvège le championnat du monde de chiens de traineaux : "Des années de travail"
C’est ce week-end qu’avait lieu en Norvège le prestigieux championnat du monde de course de chiens de traineaux. Les attelages devaient parcourir trois étapes de 11 km chacune, et Stefan Goris et ses six chiens ont terminé l’épreuve en 57 minutes et 23 secondes. Ce qui leur a valu le titre de champion du monde.
"Nous avons travaillé pendant 11 ans pour devenir à nouveau champion du monde. Cela nécessite un travail très intense et dur, et beaucoup de sacrifices. Ce qui rend la victoire encore plus belle", déclarait Goris.
Avec ses chiens il a dû s’habituer aux températures de -18°C en Norvège, mais ils étaient bien préparés aux conditions climatiques. "Il faut être créatif pour pouvoir imiter à Zutendaal des éléments d’entrainement. Nous n’avons pas la possibilité d’être en Norvège pendant toute l’année, mais nous avons tenté de retourner cette situation à notre avantage. Il fait plus humide et boueux ici dans le Limbourg, ce qui oblige les chiens à travailler plus dur. Donc quand les chiens arrivent dans le froid en Norvège, ils sont capables d’en faire davantage grâce à leur entrainement plus intensif".
Une équipe mentalement forte
A côté de l’exercice physique, il y a l’entrainement mental des chiens. "Nous courons vite, en moyenne de 33 à 35 km/heure, et donc au bout de quelques kilomètres les chiens commencent à fatiguer. Ils doivent alors continuer à la force de leur mental. Nous les y entrainons en les mettant aussi dans des situations difficiles. Par exemple, nous emmêlons les cordes qui les relient au traineau, ce qui les oblige à trouver tous seuls une solution. Nous avons constaté qu’ils peuvent littéralement démêler des nœuds et résoudre des problèmes pendant la course. Nous avons vraiment une équipe de chiens qui est mentalement forte”.
Chose surprenante, les compagnons de Stefan Goris ne sont pas des chiens de neige typiques (comme les huskys). "Ce sont tous des bâtards", confirme le musher belge. "Comme tout bon employeur ne sélectionne pas son personnel uniquement sur base d’un CV, je ne choisis pas mes chiens uniquement sur base de leur pédigré. S’ils sont prêts à travailler et qu’ils ont un bon physique, s’ils veulent travailler ensemble et qu’ils savent contrôler leurs émotions (ce qui est le plus important finalement), alors ils peuvent travailler avec moi".
Dévouement total
Pour Stefan Goris, ce sport est un mode de vie. "J’étais enseignant et j’ai cessé de donner cours. Ma femme a aussi abandonné son emploi fixe pour pouvoir dévouer toute son attention à ce sport. Nous avons acheté une maison près du Parc national Haute Campine, afin de pouvoir toujours nous entrainer ici. Le sport s’est totalement infiltré dans ma vie, afin que je puisse toujours être le chef de ma meute. Sans ce type de dévouement, ce n’est pas possible de pratiquer ce sport".
Stefan Goris a déjà remporté le championnat en 2014, mais avec une meute totalement différente. L’explication est simple, et douloureuse. "En 2018, mes six chiens sont morts à cause d’un empoisonnement en forêt. Quelqu’un avait jeté du poison. C’était vraiment de la malchance. Après un certain temps de deuil, nous avons dû tout recommencer à zéro".
"Cela a pris du temps avant que nous ayons retrouvé six chiens qui veulent tous atteindre le même but en travaillant dur, tout en continuant à prendre plaisir dans la course", concluait Stefan Goris. Un travail acharné qui vient donc de porter ses fruits.



