Le Premier ministre, Bart De Wever (N-VA), et le ministre de l'Emploi, David Clarinval (MR), ont défendu jeudi devant la Chambre la nécessité des réformes que va entreprendre le nouveau gouvernement. Alors que dans la matinée plusieurs dizaines de milliers de personnes défilaient dans les rues de Bruxelles pour contester les mesures annoncées, le chef du gouvernement a lancé un appel au sens des responsabilités à l'ensemble de la société afin de ne pas "s'enliser dans un modèle conflictuel".
De Wever défend à la Chambre la nécessité des réformes contestées dans la rue
Le Premier ministre a insisté sur les "choix courageux" qui devaient être faits, rappelé le déficit budgétaire de la Belgique et affirmé que son gouvernement tendait "clairement la main aux partenaires sociaux" même s'il ne se faisait pas d'illusions: certaines "organisations" contesteront les réformes. "Assurons-nous ensemble que notre État providence reste solide et durable pour que les générations futures puissent aussi en profiter", a conclu Bart De Wever interrogé par de nombreux députés.
Le MR a reçu le portefeuille de l'Emploi dans le nouveau gouvernement, une première depuis un siècle pour les libéraux. Mercredi, quelques jours après le vote de la confiance à la Chambre, les partenaires sociaux ont été reçus. "La concertation sociale est un pilier de notre démocratie sociale" a assuré David Clarinval (MR) qui a mis lui aussi en avant la "responsabilité partagée" dans la mise en œuvre des réformes.
Le succès de la manifestation a dopé les partis de gauche
"Je n'ai jamais vu autant de monde en colère dans les rues. Comment ne pas les comprendre quand on voit les attaques colossales de votre gouvernement contre celles et ceux qui font tourner ce pays?" a affirmé Sophie Thémont (PS). Le PTB envisage déjà la suite. Selon les communistes, le gouvernement "a les chocottes". "Je le dis aux travailleurs: les lois ne sont pas encore votées, rien n'est joué, on va les faire reculer", a averti Raoul Hedebouw.
Fait rare: deux présidents de parti de la majorité sont intervenus, Georges-Louis Bouchez (MR) et Sammy Mahdi (CD&V). Le libéral a visé ses anciens partenaires de majorité écologistes et socialistes dont le bilan en termes de réforme se résume, selon lui, à une feuille blanche. "C'est votre bilan à tous et c'est pour cela qu'on est obligé de faire des réformes aujourd'hui, car la sécurité sociale sera sauvée par le travail, pas par la grève", a-t-il lancé.
Une déclaration qui a fait s'étrangler Sarah Schlitz (Ecolo). "Dans le gouvernement précédent, vous avez passé votre temps à bloquer les réformes, et vous êtes au pouvoir sans discontinuer depuis 25 ans", a-t-elle accusé.

