À Zwartberg (Genk), les premiers avions bombardiers d’eau pourront bientôt décoller. C’est une première pour notre pays. Jusqu'à présent, pour les grandes opérations de lutte contre les incendies depuis les airs, il fallait collaborer avec la France, ou avec l'armée et la police qui utilisent des hélicoptères équipés de sacs remplis d’eau. En cas d'incendies importants, ces avions de lutte contre les incendies pourraient être en l'air dès 12 minutes après l'alerte.
La Belgique disposera bientôt à Genk de son propre avion de lutte contre les incendies
Le premier avion bombardier d’eau sera stationné sur le petit aéroport régional de Zwartberg, à Genk, dans le Limbourg, au plus tard au début du mois prochain. Cet avion pourra être déployé dans toute la Belgique. Un deuxième avion arrivera un mois plus tard. Il s'agit d'appareils de lutte contre les incendies du type AT-802 Fire Boss de la compagnie luxembourgeoise Cargolux.
"Il s’agit d’appareils très flexibles, capables de décoller sur de courtes distances, de se poser sur l’eau comme la terre, avec une autonomie de 3 heures de vol. Sur un lac comme sur une rivière, il leur faut moins de 15 secondes pour engloutir 3 000 litres d’eau à larguer ensuite au-dessus des flammes", explique Wieger Ketellaper de Cargolux.
Cette méthode est utilisée dans les vols de lutte contre les incendies pour charger rapidement 3 000 litres d'eau et retourner au feu.
"Leur rayon d'action est d'environ 600 km, ce qui nous permet d'éteindre des incendies dans toute la Belgique", poursuit Wieger Ketellapper. "Et c'est nécessaire, car les changements climatiques nous obligent à déployer de plus en plus souvent des avions de lutte contre les incendies dans le nord de l'Europe. Nous le constatons également dans les pays voisins, comme l'Allemagne, et même en Suède, nous disposons en permanence de quatre avions pendant l'été pour éteindre les incendies".
Les changements climatiques nous obligent à déployer de plus en plus souvent des avions de lutte contre les incendies dans le nord de l'Europe.
Wieger Ketellaper de Cargolux
Ce premier avion de lutte contre les incendies belge est donc entre les mains d'une entreprise privée. Le gouvernement fédéral ne voit pas la nécessité d'acheter son propre avion de lutte contre les incendies pour le moment. "Il y a trop peu de points d'eau sécurisés pour les avions de lutte contre les incendies et il y a aussi trop de risques", explique Damien Dermaux du SPF Intérieur. "Pour l'instant, les hélicoptères de la police fédérale suffisent avec les sacs d'incendie de la protection civile. Nous comptons également sur le mécanisme européen de protection civile et de lutte contre les incendies".
Formation à la collecte d'eau dans les canaux ou les étangs
Pour l'instant, la société privée Cargolux n'a pas encore l'autorisation de puiser de l'eau dans le Limbourg pendant ses séances d'entraînement, ce qui l'oblige à se rendre sur un terrain situé à la frontière française. "Cela viendra, mais en cas d'urgence, beaucoup de choses seront possibles. Ensuite, sous la supervision des pompiers, l'eau peut encore être puisée sur les canaux, mais en coopération avec, par exemple, la police fluviale qui devra arrêter la circulation sur le canal. Nous avons déjà vécu de telles situations en Allemagne", a déclaré Wieger Ketellapper.
L'école de pilotage de Zwartberg
Le choix de Zwartberg s'explique par la présence d'une école de pilotage. "Les pilotes y possèdent les licences nécessaires pour ce type d'avion et ont également les connaissances requises pour la formation dont nous avons besoin", explique Wieger Ketellapper. "Nous pouvons facilement y faire stationner nos avions, les pistes ont la bonne longueur et, en plus, il y aura la possibilité de s'entraîner plus tard à puiser l'eau, par exemple sur le canal Albert ou sur le lac artificiel Maasplassen à la frontière néerlandaise."
À Zwartberg, on se réjouit de l'arrivée des deux avions de lutte contre les incendies. "C'est une première pour notre pays de recevoir de tels avions et de pouvoir former les pilotes", nous dit fièrement Frank De Paepe de l'aéroport de Genk. "La formation des pilotes pour ce type d'appareil doit être effectuée dans des centres spécialisés. Et il se trouve que c'est le cas à Zwartberg, au 'Limburgse Vleugels '."
Un contrat de deux ans a été signé entre l'aéroport de Zwartberg et Cargolux. "Cela montre également la pertinence d'un aéroport urbain pour accueillir les avions et certainement pour former les pilotes. Il est clair que nous ne sommes pas un petit aéro-club, mais nous travaillons de manière professionnelle. C'est le couronnement de notre travail", conclut M. De Paepe avec fierté.
