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Le Premier ministre De Wever (à dr.) et les vice-Premiers ministres Clarinval et Van Peteghem

Le débat à la Chambre sur la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement prend des allures de marathon

Après que le nouveau Premier ministre Bart De Wever (N-VA) ait présenté mardi après-midi à la Chambre la déclaration de politique générale de son gouvernement - une coalition rassemblant la N-VA, le CD&V, Vooruit, le MR et Les Engagés -, les députés se sont retrouvés mercredi à 10h du matin dans l’hémicycle pour commencer à débattre de cette déclaration et poser des questions aux ministres. Plus de 30 heures plus tard (y compris la nuit de mercredi à jeudi), les débats ininterrompus se poursuivaient, et devaient certainement encore durer quelques heures. Ce n’est qu’après avoir interrogé chacun des 14 ministres sur leurs dossiers que les députés pourront donner, ou non, leur vote de confiance au nouveau gouvernement. De son côté, le Premier ministre a appelé les responsables politiques bruxellois à former rapidement un gouvernement - le seul gouvernement régional qui n’ait pas encore pris forme après les élections du 9 juin.

Anne François Belga
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Plusieurs chapitres de l'accord du gouvernement "Arizona" ont donné lieu à la Chambre à de longs et parfois vifs échanges entre la majorité et l'opposition, en particulier les réformes en matière de pension, d'emploi, de fiscalité et d'asile. Elles sont nécessaires, a martelé Bart De Wever: "Nous sommes la génération politique qui peut encore prendre ces décisions avant que notre modèle rhénan ne s'effondre".

"Sine labor nihil" (sans travail, on n'a rien). Telle est la maxime latine que le Premier ministre a prise comme fil rouge de l'accord qui lie la N-VA, le MR, les Engagés, Vooruit et le CD&V. "Ce gouvernement va soutenir le travail, en diminuant les charges pour ceux qui travaillent, avec une attention particulière pour ceux qui touchent un bas salaire", a-t-il souligné. Mis en cause sur la crédibilité de son budget, notamment les "effets retour" des politiques annoncées, il a assuré qu'il se fondait sur la "centaine" de simulations réalisées par les administrations durant les huit mois de négociation.

Les différents groupes politiques ont donné la réplique. Bart De Wever n'a pas évoqué le chapitre institutionnel de l'accord. Le président du parti socialiste francophone, Paul Magnette, ne s'en est en revanche pas privé. "Je vous connais: vous êtes un nationaliste et vous avancez. Un jour, vous avez compris que pour réaliser le confédéralisme, il fallait passer par le poste de Premier ministre", a-t-il affirmé. Quelques minutes plus tôt, c'était François De Smet (DéFI) qui abondait dans ce sens. Il doute de la sincérité de la volonté de réforme du président de la N-VA. "Vous allez rénover cet immeuble mais vous n'avez pas l'intention de l'habiter, vous allez un jour le vendre", a-t-il lancé. De son côté, l’extrême-droite flamande a reproché à De Wever de ne plus être suffisamment à droite mais d’être devenu trop belge. "De la volonté de fonder un Etat flamand, il ne reste plus rien", déclarait le Vlaams Belang.

Les Verts d’Ecolo et Groen reprochent à l’équipe Arizona de se détourner de la transition énergétique et de ne pas proposer une politique à long terme en matière de climat. Le PTB et PVDA a averti qu'il poursuivrait le combat contre l'accord de gouvernement au Parlement et dans la rue, aux côtés des syndicats. Il reproche aux socialistes de Vooruit de soutenir un programme trop peu social.

Dans la majorité, les Engagés ont insisté sur le sens de l'urgence qui les animait face à la situation actuelle. "L'inaction n'est plus une option", a affirmé Aurore Tourneur. Le MR ne doute pas que les réformes annoncées aboutiront aux effets souhaités. "Je pense que l'on pourra dire dans cinq ans: ils pensaient que c'était impossible, alors ils l'ont fait", a dit Benoît Piedboeuf. Les démocrates-chrétiens du CD&V ont également apporté leur soutien à l’accord de politique générale.

La Chambre s'est progressivement vidée au fil des heures

Appel aux Bruxellois à former un gouvernement

Prenant la parole après 27 heures de débat pour répondre aux critiques et questions des députés, Bart De Wever a notamment évoqué la situation politique à Bruxelles. Il a exhorté les partis politiques de la capitale à "arrêter le jeu" et "à former un gouvernement qui, avec notre aide, peut prendre les choses en main". "Il faut laisser tomber les tabous", a-t-il ajouté.

La Région bruxelloise est en effet la dernière entité du pays à ne pas disposer d'un exécutif de plein exercice. La perspective d'une participation de la N-VA, parti du Premier ministre, a fait reculer le PS qui refuse l'entrée des nationalistes flamands dans le gouvernement régional. Les négociations sont dans l'impasse. Mardi, le Roi a également mis la pression sur les politiques bruxellois dans son discours aux autorités du pays. Il leur a demandé de trouver "les chemins de convergence".

Une manière de débattre "encore de ce temps ?"

Au passage, après 28 heures environ de débats ininterrompus et visiblement épuisé, le Premier ministre a demandé aux députés s’ils estimaient que "cette manière de débattre est encore de ce temps ?". Les applaudissements ont retenti, à quoi De Wever répondait: „Vous comprenez que vous applaudissez contre vous-mêmes ? Mais tout le monde participe à ce sketch…“.

La Chambre clôturait la discussion générale sur la déclaration de politique en début d'après-midi et entamait ensuite les discussions thématiques. Elles s’adressaient à chacun et chacune des 14 ministres à tour de rôle, ce qui permettait au Premier ministre … d’aller faire une petite sieste.

Le Premier ministre visiblement épuisé

Théoriquement, la Chambre pouvait donner dès 16h30 ce jeudi (48h après la déclaration de politique générale) son vote de confiance au nouveau gouvernement, mais son président Peter De Roover estimait que la seconde partie du débat pourrait encore durer jusqu’à 15 heures de temps, soit une seconde nuit. La séance pourrait donc bien battre un record de longueur.

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