Treize Belges ont fait don d'un ou de plusieurs organes après avoir reçu une euthanasie au cours de l'année passée, selon les chiffres dévoilés par l'hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven) et l'organisation de coopération internationale Eurotransplant. Au total, 371 Belges ont fait don de leurs organes l'année dernière - un chiffre stable par rapport à 2023.
Treize Belges ont opté pour le don d'organes après euthanasie en 2024, "la Belgique est une des pionnières internationales"
Le nombre de Belges qui optent pour un don d’organes après le décès augmente d’année en année, avec l’exception des années de pandémie du coronavirus. Le total de dons en 2024 provenant de personnes décédées par euthanasie est le second plus élevé en vingt ans, après 2023 (14). Cette année-là, 3.423 personnes avaient fait le choix d'une fin de vie assistée.
L'organe le plus fréquemment donné est un rein (441), suivi du foie (320) et des poumons (105). Le nombre de greffes du cœur est en augmentation, passant de 49 en 2023 à 85 l’an dernier. Il y a également eu 82 greffes de rein et 24 greffes de foie.
Les listes d'attente de transplantation d'organes restent stables, avec 1.474 Belges en attente d'un donneur compatible au 1er janvier 2025. Ce nombre est pratiquement égal à celui de 2023 à peu près à la même période (1.453). Une grande majorité d'entre eux attendent un rein (1.167).
La Belgique en tête
La Belgique a été le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à légaliser l'euthanasie en 2002. Mais c'est en Belgique qu'a eu lieu la première transplantation d'organe au monde sur un patient après une euthanasie, en 2005. Cette pratique n'est possible qu'en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, au Canada et dans certains États d'Australie.
Des critères strictes sont appliqués pour savoir quelle personne bénéficiant de l’euthanasie peut faire don d’organes. Il s’agit toujours de personnes ayant des troubles neurologiques ou une souffrance mentale insupportable. Les patients qui ont le cancer ou une maladie transmissible ne peuvent faire don de leurs organes après euthanasie.
"La Belgique est en ceci un des pionniers internationaux", indique le professeur Arne Neyrinck, président du Groupe de travail des donateurs à l’UZ Leuven. "Nous ne posons jamais la question de façon directe. C’est une demande qui doit émaner du patient. Mais nous constatons que l’intérêt pour cette pratique augmente".
