La ministre flamande de l'Emploi, Zuhal Demir, a annoncé sa volonté de rendre obligatoires les cours de néerlandais pour les demandeurs d'emploi qui ne maîtrisent pas suffisamment cette langue. Selon elle, il s'agit d'une des principales raisons de l'allongement de la liste des métiers en pénurie de main d'œuvre en Flandre.
Les métiers en pénurie se multiplient en Flandre : la ministre Demir insiste sur la connaissance du néerlandais
La liste des métiers en pénurie - pour lesquels les postes vacants ne trouvent pas suffisamment de main d’œuvre qualifiée ou de candidats acceptant les conditions difficiles de travail - s'est encore allongée de dix nouvelles professions, passant à 251 en Flandre. Il s'agit non seulement d'emplois pour des personnes peu qualifiées, mais aussi pour des profils qui le sont plus, comme les médecins, les pharmaciens d'hôpitaux ou les techniciens de laboratoire. Les emplois temporaires vacants sont également inclus dans le comptage, pour la première fois.
"Nous cherchons donc des personnes peu qualifiées, mais aussi des personnes hautement qualifiées", indique Lies Reynaert de l’Office flamand à l’emploi et la formation VDAB. Parmi les nouveaux métiers en pénurie figurent, notamment, les agents de sécurité au sein de la police, les travailleurs de l’asphalte et les magasiniers. Les secteurs industriels cherchent avant tout des techniciens. Les métiers d’infirmière et de comptable sont encore toujours en grande pénurie.
Les 10 métiers qui sont le plus en pénurie en Flandre
• Comptable • Calculateur dans la construction • Constructeur de machines • Travailleur dans la culture fruitière • Mécanicien d’entretien • Femme de ménage pour des personnes privées • Technicien d’installations industrielles • Technicien pour machines de chantier, agricoles et de levage • Infirmier et aide-soignant • Chef de chantier
Améliorer la maîtrise du néerlandais
La ministre de l’Emploi Zuhal Demir pointe trois causes expliquant le nombre élevé de professions en pénurie de main d'œuvre: le manque de connaissances techniques spécifiques, le travail requis le week-end et le soir, mais aussi une mauvaise maîtrise du néerlandais. Cette dernière cause explique, notamment, la pénurie de vendeurs.
"On constate que les personnes qui parlent et comprennent le néerlandais ont davantage de chances de trouver un emploi en Flandre. 90% des employeurs qui placent une offre d’emploi auprès du VDAB indiquent que la connaissance du néerlandais est importante", indique le VDAB.
L'office flamand de l'emploi et de la formation offre déjà une quinzaine de formations en néerlandais pour les demandeurs d'emploi dans les métiers en pénurie (écriture, grammaire, rédaction d'e-mails, formation aux appels téléphoniques, etc.). Zuhal Demir va plus loin en l'imposant pour tous les demandeurs d'emploi qui ne maîtrisent pas suffisamment cette langue. "C'est une opportunité pour ces personnes de voler de leurs propres ailes et d'être autonomes", estime-t-elle.
La ministre compte aussi mieux aligner les formations techniques dans l'enseignement et au VDAB sur les professions en pénurie, en supprimant des formations qui se chevauchent. Elle demande en outre au gouvernement fédéral d'agir sur l'activation des chômeurs et des malades de longue durée. Une mesure qui serait prévue par les 5 partis de la probable future coalition "Arizona".
"Besoin d’une politique multipiste"
D’après la Bouwunie (la fédération des PME actives dans la construction), le manque de maitrise du néerlandais n’est pas la raison principale de l’augmentation des métiers en pénurie. "On ne résout pas le manque de personnel dans notre secteur avec des cours de néerlandais. Comme nous ne trouvons pas suffisamment de travailleurs en Belgique, nous faisons appel à des ouvriers étrangers détachés. Nous avons donc l’expérience de travailleurs qui ne maîtrisent pas notre langue", nuance Jean-Pierre Waeytens de la Bouwunie.
Il estime qu’il faut travailler à divers niveaux pour augmenter la main-d’œuvre dans le secteur de la construction. Il faut ainsi par exemple attirer les jeunes avec l’apprentissage en alternance. "Les élèves qui sont suffisamment matures et prêts à se lancer sur le marché de l’emploi doivent pouvoir faire un apprentissage en alternance dans la construction plutôt que de devoir suivre des cours à temps plein à l’école avec des stages trop courts".
