Interrogé sur les violences perpétrées actuellement dans l’est de la République démocratique du Congo, le ministre des Affaires étrangères Bernard Quintin (photo) a déclaré ce vendredi matin au micro de l’émission De Ochtend (VRT) que "cette escalade est totalement inacceptable et a des conséquences humanitaires affreuses". Il a répété que la Belgique a demandé à l’Union européenne de prendre des mesures concrètes pour faire pression notamment sur le Rwanda, qui soutient les rebelles M23 au Congo. "Il faut que les violences cessent et que les négociations reprennent".
Le ministre Quintin veut accroître la pression sur le Rwanda : "La Belgique ne peut pas faire comme si de rien n'était"
Bernard Quintin envisage notamment des sanctions à l’encontre du Rwanda, mais aussi des interventions dans les programmes de développement. "Nous devons être prudents cependant : nous voulons faire pression sur les dirigeants, mais nous devons épargner la population".
Le chef de la diplomatie belge est néanmoins ferme: “La Belgique ne peut pas simplement faire comme si de rien n’était". Il ajoutait que la Belgique devrait donner des précisions d’ici quelques jours sur les mesures qu’elle veut prendre à l’encontre du Rwanda.
"L'intégrité territoriale de la RDC doit être respectée"
Quant au Premier ministre sortant Alexandre De Croo, il a déclaré jeudi en séance plénière à la Chambre que "l'intégrité territoriale de la RDC doit être respectée. La position internationale de la Belgique a toujours été qu'il faut respecter le droit international et la souveraineté. C'est la même chose partout".
Alexander De Croo a aussi demandé à toutes les parties d'œuvrer à la désescalade. D'une part, le Rwanda doit arrêter son soutien au groupe rebelle M23. Et d'autre part, du côté congolais, il faut arrêter les discours de haine et restaurer l'autorité dans la région. L'élément principal reste toutefois que "l'ingérence à partir du Rwanda puisse d'arrêter." Le chef du gouvernement a indiqué s'être entretenu avec le président de la RDC Félix Tshisekedi mercredi.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères Bernard Quintin a indiqué à la Chambre avoir appelé ses collègues européens à prendre des mesures concrètes. "J'ai évoqué explicitement les dossiers suivants : le Memorandum of Understanding sur les matières premières critiques, la facilité européenne de la paix dites "Cabo Delgado", la suspension du dialogue sécuritaire avec le Rwanda. Il faut trouver un compromis au niveau européen car c'est à ce niveau-là que nous aurons un impact significatif".
Pour sa potentielle dernière intervention à la Chambre en tant que Premier ministre, Alexander De Croo était interrogé jeudi par pas moins de huit députés, représentant autant de partis. Avec des accents différents, tous ont appelé à agir contre le Rwanda. "La Belgique ne peut pas rester passive plus longtemps", concluait Lydia Mutyebele Ngoi (PS), elle-même d’origine congolaise.

