Le taux d'activité des primo arrivants a augmenté au cours des 10 dernières années en Flandre. Cela ressort des chiffres du Baromètre de la Cohésion Sociale du gouvernement flamand. En 2022, environ 58 % des primo arrivants originaires de pays hors de l'UE étaient au travail en Flandre.
Le Baromètre de la Cohésion Sociale (Barometer Samenleven van de Vlaamse overheid) recueille chaque année des données sur la vie en société en Flandre autour de thèmes tels que l'emploi, l'éducation et la capacité financière. De plus, l'année passée, un total de 2 759 personnes ont été interrogées sur leurs expériences concernant des sujets tels que la citoyenneté, l'égalité de traitement et les réseaux sociaux.
Ce baromètre montre notamment que le taux d'emploi des primo arrivants a augmenté au cours des dix dernières années. En 2022, 58 % des primo arrivants originaires de pays hors UE travaillaient, contre 46,4 % en 2013. Parmi les nouveaux arrivants originaires de pays de l'UE, le taux d'emploi est passé de 51 % à 63,8 %.
Bien que les chiffres soient à la hausse, un écart subsiste avec les citoyens d'origine belge. Pour ce groupe, le taux d'emploi s'élève à 79,7 %.
Le nombre d'élèves quittant l'enseignement secondaire avec un diplôme diminue
En matière d'éducation, nous avons régressé ces dernières années. Les derniers chiffres montrent qu'en 2022, seuls 72,6 % des élèves dont la langue maternelle n’est pas le néerlandais ont quitté l'enseignement secondaire avec un diplôme. C'est le score le plus bas depuis 10 ans.
Parmi les élèves dont la langue maternelle est le néerlandais, le chiffre est de 90 %, mais il s'agit là aussi du niveau le plus bas depuis 10 ans.
La deuxième génération confrontée à davantage de discrimination
Le groupe qui subit le plus de discrimination reste la deuxième génération de citoyens d'origine non-UE. En 2024, environ 60 % ont indiqué avoir vécu de la discrimination au cours de l'année écoulée. En 2023, ce chiffre était encore de 67 %. Ce même groupe a également le plus souvent l'impression de ne pas être aussi pris en compte que les autres citoyens. Chez la première génération, environ 46 % déclarent avoir été victimes de discrimination.
Sur le plan financier, la deuxième génération de citoyens d'origine non-UE s'en sort mieux. Par exemple, ils rencontrent moins de difficultés que la première génération pour couvrir une dépense imprévue de 1 100 euros. Toutefois, 1 personne sur 3 dans ce groupe aurait encore du mal à payer de telles dépenses imprévues.
De plus, pour la 3e année consécutive, il y a eu moins de naissances d'enfants en situation de pauvreté. Cela ressort des chiffres de l'Agence Opgroeien, également intégrés dans le baromètre. En 2019, 39,3 % des enfants en Flandre sont nés dans la pauvreté, tandis qu'en 2023, ce pourcentage était de 33,8 %.
L'inscription nécessaire pour que les non belges puissent voter semble être un obstacle
Comme 2024 était une année comportant de nombreux scrutins, l'accent de l'enquête de cette année a été mis sur la confiance dans les institutions publiques et l'engagement politique. Il en ressort notamment que les personnes d'origine étrangère ont plus confiance dans nos autorités locales que les personnes d'origine belge.
Environ 54 % des personnes interrogées d'origine non-UE ont confiance dans nos autorités locales, contre 32 % des personnes d'origine belge.
Les personnes d'origine étrangère accordent en outre une importance nettement plus grande à des thèmes tels que la lutte contre la pauvreté, la discrimination et le logement que les personnes d'origine belge. Cette dernière catégorie privilégie surtout des thèmes comme les pensions, la sécurité sociale et la migration.
Ce qui est frappant, c'est que le seuil pour aller voter reste encore élevé pour les non-Belges, selon l'Agence pour l'Administration intérieure. Les personnes non-européennes résidant légalement en Belgique depuis 5 ans pouvaient, tout comme les citoyens de l'UE, voter lors des élections locales d'octobre dernier. Cependant, elles devaient s'inscrire à l'avance.
"Il est important que leur voix soit également représentée"
Selon les chiffres du SPF Intérieur, seulement 10 % de cette catégorie se sont effectivement inscrites. Alors que dans l'enquête, environ 32 % avaient indiqué leur intention de voter.
"L'inscription nécessaire pour que les résidents non belges puissent voter semble être un obstacle", a réagi la ministre flamande de l'Intérieur, de la Cohésion Sociale, de l'Intégration et de la Citoyenneté, Hilde Crevits (CD&V). "Je vais, avec l'Agence pour l'Administration intérieure, examiner quelles actions supplémentaires sont nécessaires. Étant donné que les personnes d'origine étrangère se préoccupent clairement de questions différentes de celles des personnes d'origine belge, il est important que leur voix soit également représentée."
