Depuis le début de ce mois de janvier, le centre d’aide pour animaux sauvages d’Oudsbergen, dans le Limbourg, s’est déjà vu confier plus de 25 buses. Soit environ un de ces oiseaux de proie par jour, ce qui représente plus du double par rapport à janvier 2024. "Elles nous sont apportées pour diverses raisons, mais toutes liées à la météo humide qui rend la recherche de nourriture plus difficile", indique Frederik Thoelen, co-président du Natuurhulpcentrum Oudsbergen.
Plus de 25 buses ont déjà été confiées au centre d'aide pour animaux sauvages d'Oudsbergen cette année, "à cause du temps humide"
L’état des animaux qui sont apportés au centre dépend souvent de la rapidité avec laquelle ils ont été retrouvés, ou pas. "On nous a amené des buses qui n’avaient pratiquement plus de muscles et qui ne pouvaient plus bouger leurs ailes. Une patiente plus récente a été retrouvée rapidement dans les filets d’un goal de football. Il ne faut alors pas trop d’efforts pour rétablir le rapace".
De nombreuses buses arrivent au centre toutes maigres et très affaiblies. Elles souffrent de vers pulmonaires ou d’os et d’ailes cassés. C’était notamment le cas d’une buse qui a séjourné quelques jours dans un hall de sport à Ixelles, qui servait à ce moment-là de salle d’examen pour l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles VUB.
D’après Frederik Thoelen, tous les cas de buses blessées proviennent des difficultés actuelles de trouver de la nourriture. "En raison de la météo humide, les rapaces doivent davantage chercher des souris et autres proies. Souvent les buses trouvent à manger sur les bermes centrales de routes et risquent alors d’être écrasées par des véhicules. Cela explique le nombre élevé d’animaux victimes de la route que nous soignons".
Pression sur les soins intensifs
Chaque buse qui est prise en charge au centre d’aide d’Oudsbergen doit avoir sa propre cage. Il y a alors beaucoup à faire aux soins intensifs. "Les animaux les plus faibles doivent être nourris à la main 3 à 4 fois par jour. On leur donne des petits bouts de viande à la pincette", explique Thoelen.
Ce type de travail prend énormément de temps, mais donne de bons résultats. "Si les oiseaux sont découverts à temps, ils auront une longue rééducation, mais ils parviendront à se rétablir complètement. Cela en vaut la peine".
Impossible de savoir si les buses continueront à affluer au centre ces prochains mois. "Actuellement, les proies sont rares et celles qui existent sont difficiles à atteindre. Au printemps, il y aura beaucoup plus de jeunes souris, de lapins et de lièvres. Mais tout dépendra aussi de la météo", précise Frederik Thoelen.
Que faire si vous trouvez une buse blessée ?
Pour ceux ou celles qui trouveraient un rapace blessé dans la nature, Thoelen a un conseil en or. "Si vous parvenez à toucher l’oiseau ou à le mettre dans une caisse ou un panier à linge, alors il n’est probablement pas en bonne santé".
Une buse en pleine forme ne permettrait en effet pas à un humain de l’approcher, et s’envolerait. "Si vous parvenez à la mettre dans un panier, nous vous demandons de nous amener l’oiseau", concluait Thoelen.

