Les pluies persistantes ont tellement saturé le sol que les vergers de la région de Haspengouw sont inondés. Cette situation entrave notamment les travaux de taille et d'entretien des arbres fruitiers prévus en cette saison. Les arboriculteurs espèrent du temps plus sec, car autrement, une nouvelle mortalité massive des arbres pourrait se produire comme cela s’est passé l’année dernière. De leur côté, les agriculteurs et les entrepreneurs agricoles retiennent leur souffle. À partir du 15 février, ils peuvent - en principe - commencer à fertilise les sols mais il est déjà certain qu'ils n'y parviendront pas. Par conséquent, les fosses à purin débordent et le travail s'accumule.
Les travaux agricoles dans les champs et vergers du Limbourg perturbés par des sols gorgés d’eau
Dans la culture fruitière, le sol saturé perturbe surtout les travaux de taille. Le producteur de poires Mark Nickmans de Halen rencontre quelques difficultés. "Il fait très humide dans le champ. Nous ne pouvons pas passer avec un engin près des arbres pour les tailler en haut. Cela laisse des profondes traces dans le sol que l'on ne peut plus enlever. Donc, pour l'instant, nous ne taillons que la partie inférieure."
À Saint-Trond, le producteur de fruits Kristof Hannosset taille surtout ses poiriers en ce moment. Le climat humide lui a coûté 800 arbres fruitiers l'année dernière. Maintenant, il ne peut même pas éviter les grandes flaques sur ses plantations. "C'est difficile de faire entrer des véhicules sur votre parcelle. Au cours des derniers mois, il est tombé parfois entre 20 et 30 litres d'eau par mètre carré par jour."
Et qu'en est-il des arbres eux-mêmes ?
Bien qu'il fasse actuellement plus humide que l'année dernière, les arbres du producteur de poires Nickmans ne semblent pas trop souffrir. "Cela changera si la pluie continue à tomber jusqu'à la saison de croissance. Nous espérons des mois plus secs, car sinon, on risque encore d'endommager tout le terrain lorsqu’on y pénètre avec des machines. De plus, les pommiers et les cerisiers en souffriront. Trop, c'est trop."
Le même son de cloche se fait entendre chez Hannosset. "L'année dernière, nous avons également connu un printemps très humide et nous nous sommes retrouvés avec un taux de mortalité des arbres très élevé. Cela n'augure rien de bon pour cette année. On essaie de faire quelque chose, mais ce n'est pas facile. Les dégâts ne seront visibles qu'en avril. "Une racine qui reste dans l'eau meurt. Ce n'est qu'au moment de la floraison que l'on constate que les autres racines saines poussent mieux. C'est alors que l'on peut constater les dégâts. En été, on peut alors nettoyer les arbres morts. Ce fut très souvent le cas l'année dernière. En 24 heures à peine, une racine peut mourir si elle est immergée dans l'eau", explique le cultivateur Truien.
Les agriculteurs inquiets pour le travail du mois de février
Le secteur de l'arboriculture fruitière n'est pas le seul à connaître des difficultés, l'agriculture aussi. Les entrepreneurs, par exemple, connaissent des temps difficiles. Leur travail comprend le terrassement, la plantation, la fertilisation des sols, la récolte et l'entretien des machines pour le compte d'autres agriculteurs.
"La loi prévoit que l'on peut commencer à fertiliser les pâturages à partir du 16 février. Ce ne sera pas du tout le cas à cause du temps pluvieux", explique Wilfried Bollen, de l'entreprise agricole et de terrassement Bollen & Renwa, à Hoeselt.
"Les champs sont gorgés d'eau. Tout est très humide. De plus, la loi stipule toujours qu'il n'est pas possible de fertiliser sur un terrain marécageux".
