Aller au contenu principal

Le PS bruxellois propose de nommer le formateur David Leisterh ministre-président de la Région de Bruxelles capitale

Le président de la Fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej a annoncé mercredi après-midi le dépôt par sa formation d'une proposition parlementaire visant à nommer sans attendre un accord de coalition, par un vote, le chef de file du MR bruxellois David Leisterh, ministre-président bruxellois. Ahmed Laaouej espère ainsi sortir de la crise politique actuelle qu'il a lui-même contribué à créer en refusant de s'asseoir à la table des négociations avec la N-VA du côté néerlandophone.

Eric Steffens Belga
Publié:

Selon M. Laaouej, cette procédure est inscrite dans la Loi spéciale sur les institutions bruxelloises. Celle-ci contient une procédure de désignation du ministre-président bruxellois et de ministres régionaux, en deux étapes dans le temps, via le Parlement bruxellois qui joue un rôle central, en cas de blocage de persistant de la voie plus classique de formation d'un gouvernement bruxellois.  

Un accord de majorité existe côté néerlandophone comprenant la N-VA

Depuis décembre dernier, et l'annonce d'un accord de majorité côté néerlandophone, comprenant la N-VA à laquelle le PS a toujours dit son opposition (comme d'autres à l'égard de la Team Ahidar et du PTB-PvdA), les deux formateurs bruxellois, David Leisterh (MR) et Elke Van den Brandt (Groen) n'ont plus pris d'initiative pour sortir de l'impasse.

Leur difficulté, réside, selon le chef de file des socialistes bruxellois, dans le fait que l'électeur bruxellois a réservé une part majoritaire de l'échiquier parlementaire à gauche, tout en désignant le MR vainqueur du scrutin en juin dernier.

Le PS souhaite sortir de l'impasse politique face aux enjeux socio-économiques et budgétaires auxquels Bruxelles est confrontée.

Le non du PS bruxellois à la N-VA

Pour Ahmed Laaouej, la N-VA est la bête noire de Bruxelles. Selon lui, ce parti est raciste et n'a pas à cœur les intérêts de Bruxelles. Ahmed Laaouej ne veut en aucun cas collaborer avec le parti nationaliste flamand : ni le formateur David Leisterh (MR), ni la cheffe de la N-VA bruxelloise Cieltje Van Achter ne semblent pouvoir le convaincre du contraire.

L'initiative du PS d'aujourd'hui est un message supplémentaire que les socialistes francophones n'envisagent pas de céder. Si une majorité du parlement bruxellois doit se prononcer sur la candidature d'un ministre N-VA nommé par les néerlandophones, elle pourrait l'écarter, puisque les francophones sont de toute façon majoritaires au parlement.

Toutefois, il n'est pas certain qu’Ahmed Laaouej soit entendu par les autres partis à Bruxelles. Le fait qu'il agisse avec une majorité au parlement bruxellois - c'est-à-dire sans majorité dans les deux groupes linguistiques - est très sensible du côté néerlandophone, qui craint d'être à nouveau marginalisé en tant que minorité linguistique dans la capitale. La ministre flamande pour Bruxelles, Cieltje Van Achter (N-VA), a déjà réagi avec désapprobation par l'intermédiaire de X. :

"Bruxelles n'a pas besoin d'une proposition du PS qui ne fait que distribuer des postes. Bruxelles a besoin d'un vrai gouvernement qui fait des choix et des réformes. Le PS refuse de négocier, refuse de faire des choix et tente maintenant de mettre hors jeu la majorité flamande. C'est du délire".  

Le fait que David Leisterh doive abandonner son rôle de formateur et devienne ministre-président de la Région grâce aux socialistes francophones semble également un scénario improbable. La situation politique à Bruxelles risque donc de rester dans l'impasse pendant un certain temps encore.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5