L’énorme espace qui était occupé jusqu’en 2018 par le projet urbain pluridisciplinaire Recyclart (aujourd’hui installé à Molenbeek), sous la Jonction ferroviaire nord-sud à hauteur de la gare Bruxelles-Chapelle, devrait recevoir d’ici quelques années une nouvelle fonction. La Ville de Bruxelles va en effet conclure un bail pour y aménager si possible d’ici 2030 un centre des cultures urbaines réservant une place de choix à la musique, aux arts plastiques et à la photographie. Une salle de concert de 300 à 400 places y est notamment prévue, pour des groupes émergents de culture urbaine. Elle s'ajoutera à celles du "Magasin 4" (600 places) qui ouvrira prochainement et à d'autres salles de plus grande capacité.
La Ville de Bruxelles projette d'ouvrir un centre des cultures urbaines sur l'ancien site du Recyclart
Créé en 2000 et relocalisé depuis 7 ans à la Rue de Manchester dans la commune de Molenbeek, le projet urbain multidisciplinaire Recyclart était installé jusqu’en 2018 dans le centre de la capitale, dans les immenses espaces logés sous la Jonction nord-sud, à hauteur de la gare Bruxelles-Chapelle. Ce centre des arts y proposait un programme culturel varié, ainsi que des activités destinées aux habitants du quartier, voire des cours de fabrication du pain. Aujourd’hui, à Molenbeek, il a aussi développé deux projets d’insertion socioprofessionnelle : le Bar Recyclart (photo) et le Recyclart Fabrik (ateliers du bois et métal notamment).
La Société nationale des chemins de fer belges SNCB mit Recyclart à la porte des espaces à la Jonction en 2018, pour des raisons de sécurité incendie, et depuis lors l’espace de plusieurs milliers de mètres carrés est vide. Une ironie du sort puisque la création de Recyclart visait justement à remédier au problème d’inoccupation de bâtiments et d’espaces dans le tissus urbain, mais aussi à créer des ponts entre différents quartiers qui ont été séparés par la jonction ferroviaire entre le nord et le sud de la capitale.
La décision de la SNCB souleva à l’époque beaucoup de critiques, aussi parce que ce n’est pas le seul endroit où les chemins de fer semblent peu se préoccuper de la ville. Non loin de là, de grands quadrilatères ont été laissés à l’abandon depuis plus de 40 ans sous les voies près de la station Bruxelles Midi. Les espaces vides contribuent au malaise qui entoure la plus importante des gares du pays.
Une salle de concert pour 400 personnes
Mais un changement est en vue. L’énorme espace vide depuis 2018 à hauteur de la gare Bruxelles-Chapelle devrait retrouver d’ici quelques années une nouvelle fonction. Le conseil communal de la Ville de Bruxelles a en effet approuvé le 20 janvier un bail qui lui permet d’utiliser ces espaces pendant les 99 prochaines années. L’an dernier, un concours d’architecture avait déjà été organisé pour une partie des lieux, remporté par le bureau bruxellois AgwA.
Le futur centre des cultures urbaines sera doté d’un grand espace de réception, d’une salle multifonctionnelle (y compris des concerts) pour 400 personnes, d’une salle d’exposition, de locaux de répétition, et d’un bar et/ou restaurant.
La Ville de Bruxelles souhaite y rassembler des fonctions qui rappellent les activités proposées par le projet multidisciplinaire Recyclart, qui a entretemps déménagé vers la zone du canal à Molenbeek. Le nouveau lieu - baptisé pour l’instant SUBjonction - offrira donc “un espace socio-culturel multidisciplinaire consacré aux cultures urbaines", indique l’arrêté de la Ville. Il peut aussi bien s’agir d’arts plastiques que de musique contemporaine, d’architecture, de photographie ou d’autres formes d’expression. Le nouveau centre des cultures urbaines devra donc être modulable.
SUBjonction contribuera aussi à un échange avec les autres organisations du quartier Jonction, comme les Brigittines, le Théâtre des Tanneurs, les Archives de la ville ou la maison du Mont de Piété. Une partie des espaces sous les voies de chemin de fer restera à l’usage exclusif de la SNCB et la gare Bruxelles-Chapelle (photo) sera encore toujours desservie.
Une ville bouleversée
La nouvelle destination des espaces sous les voies doit - tout comme c’était le cas avec Recyclart - offrir une réponse au démembrement urbain que représente pour le quartier Jonction la liaison ferroviaire nord-sud.
Les futures activités dans le centre des cultures urbaines devront créer une connexion entre les Marolles et les quartiers autour de l’Avenue Stalingrad, afin de ramener de la vie urbaine dans cet endroit pratiquement mort. L’espace Horeca aura ainsi aussi la fonction de passage qui relie les deux côtés des voies ferrées.
La création du nouveau centre des cultures urbaines se situe aussi dans le prolongement du contrat de quartier durable Jonction, dont la phase de conception date de 2014-2019. Le contrat de quartier a notamment donné lieu à un parc urbain, situé entre les Marolles et la gare Bruxelles-Chapelle.
Le fait que le réaménagement des espaces autour de cette gare prenne autant de temps provient notamment de la complexité technique des lieux, explique Audrey Dubois de la Ville de Bruxelles. "Ces espaces sont situés sous la jonction nord-midi très fréquentée, il y a des infiltrations d’eau et les exigences en matière de sécurité incendie sont sévères. Recyclart a dû quitter les lieux parce qu’il ne parvenait pas à satisfaire aux exigences".
La Ville de Bruxelles se montre d’ailleurs très élogieuse envers la SNCB et le gestionnaire du réseau ferroviaire Infrabel qui ont signé l’accord en vue du futur réaménagement des espaces.
Au plus tôt en 2030
La Ville de Bruxelles va à présent introduire une demande de permis de bâtir pour mener à bien le projet, dont les coûts sont évalués à 4,6 millions d’euros (sans TVA). A cela s’ajoute un montant unique de 190.000 euros au titre du bail.
Il n’a pas encore été décidé à qui incombera l’exploitation des espaces. La Ville de Bruxelles pourrait s’en charger elle-même, ou chercher un ou plusieurs exploitants. Elle a encore largement le temps de décider, puisque les travaux ne devraient pas débuter avant le milieu de 2028. Ce qui signifie que le nouveau centre des cultures urbaines ouvrira ses portes au plus tôt en 2030.
Le projet SUBjonction n’englobera en outre qu’une partie des espaces pour lesquels la Ville signera un contrat de bail. Plus particulièrement, deux blocs situés entre la Rue des Ursulines et la Rue des Brigittines. Elle destine actuellement l’autre partie, située entre la Rue des Ursulines et la Rue Terre Neuve, à un utilisateur temporaire. Aucun timing n’est par contre encore prévu pour une utilisation plus définitive de ce deuxième bloc.
