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Mark Rutte : "La Belgique doit investir davantage dans la défense et le plus vite possible"

"La Belgique doit investir davantage dans la défense et ce le plus rapidement possible". C'est ce qu'a déclaré Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan, en marge du Forum économique mondial de Davos. "D'abord atteindre les 2 % du PIB, puis plus encore. À Davos, la menace de guerre est l'un des principaux sujets de discussion entre les chefs d'entreprise et les responsables politiques.

Eric Steffens Belga
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Mark Rutte, a réitéré mercredi son appel en faveur d'une augmentation des investissements dans le domaine de la défense. Il a placé ces investissements au-dessus des objectifs du Millénaire de l'Onu en matière de lutte contre la pauvreté. Le Néerlandais a rendu visite au point de chute belge au Forum économique mondial de Davos. Il s'est entretenu avec son ex-collègue, le Premier ministre Alexander De Croo, et le couple royal.

Il a également pris part à un panel de discussion. Il a notamment évoqué les investissements privés dans les entreprises de défense. Ces dernières années, de nombreux investisseurs s'en sont détournés au profit des investissements dits durables.

"J'invite les citoyens des pays de l'Otan à s'adresser à leurs banques et à leurs fonds de pension pour leur faire comprendre qu'ils veulent être protégés", a-t-il déclaré. "C'est bien beau les projets autour des Objectifs du Millénaire, mais nous devons avant tout être en mesure de combattre les Russes s'ils nous attaquent", a-t-il lancé.

Rutte souhaite que les pays de l'Otan consacrent au moins 2 % de leur PIB aux dépenses militaires

Ces propos ont été diversement appréciés. Alexander De Croo a proposé de mettre les deux catégories d'investissement au même niveau. Le patron de l'Alliance a nuancé son discours mais n'en a pas moins réaffirmé son point de vue : dans quelques années, la protection de l'Europe risque d'être trop faible. Mark Rutte souhaite que les pays de l'Otan consacrent au moins 2 % de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires. Or, avec 1,3 %, la Belgique est encore loin du compte

La menace de la guerre au centre des discussions belges à Davos

Une double menace de guerre occupe les chefs d'entreprise et les responsables politiques réunis au Forum économique mondial de Davos. Il y est notamment question de la menace d'une guerre commerciale potentielle avec les États-Unis depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, ainsi que des provocations permanentes de la part de la Russie.

"Nous ne vivons plus en temps de paix. Nous oscillons actuellement entre la guerre et la paix", a ainsi estimé le directeur du port d'Anvers-Zeebrugge, Jacques Vandermeiren, lors d'une table ronde organisée par la délégation belge à Davos. Ce dernier s'est notamment dit inquiet face à des "actes de guerre" en mer, tels que la destruction de câbles sous-marins. "Peut-être avons-nous été naïfs trop longtemps. Nous voyons trop de choses se produire pour ne rien faire", a-t-il ajouté.

Cette question préoccupe également d'autres entreprises disposant d'une infrastructure critique, telles que les opérateurs énergétiques Fluxys et Elia, ainsi que les responsables politiques. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) estime notamment que les investissements privés devraient être accrus en parallèle aux investissements publics. Les lignes directrices relatives aux investissements éthiques pourraient dès lors être quelque peu adaptées, selon lui.

En Flandre, la résistance historique à l'investissement dans l'armement, en train de s'estomper

Le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) a, de son côté, souligné que la résistance historique à l'investissement dans l'armement était en train de s'estomper en Flandre. "Nous ne devons pas commencer à fabriquer des bombes et des grenades, mais nous pouvons examiner comment travailler de manière innovante dans le domaine de la défense", a-t-il noté à ce sujet.

L'incertitude règne par ailleurs autour de la politique du président américain Donald Trump, qui souhaite protéger l'industrie américaine à grands renforts de droits de douane. Les dirigeants politiques pèsent leurs mots à ce sujet, mais nombre d'entre eux affirment que l'Europe est capable de se renforcer.

Si les Américains entament un conflit commercial, il existe toutefois d'autres partenaires commerciaux sérieux dans le monde, a fait remarquer Alexander de Croo.  

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