Le Parlement européen a "condamné fermement", jeudi à Strasbourg, la peine de mort prononcée en République démocratique du Congo contre l'expert militaire belgo-congolais Jean-Jacques Wondo, qui attend ce vendredi un verdict en appel.
Le Parlement européen réclame la libération immédiate du Belge Jean-Jacques Wondo condamné à mort en RDC
Les élus de l'Union européenne "demandent instamment" au gouvernement congolais d'annuler immédiatement cette condamnation à mort, ainsi que celles d'autres personnes qui n'ont pas eu droit à un procès équitable. La détérioration de l'état de santé de Jean-Jacques Wondo nécessite qu'il soit libéré immédiatement, disent les eurodéputés.
Expert en questions sécuritaires, militaires et politiques, Jean-Jacques Wondo est accusé par Kinshasa d'avoir été l'un des cerveaux des événements du 19 mai 2024, qualifiés de tentative de coup d'État, et menés par des hommes du général Christian Malanga. Des accusations fondées "sur des témoignages obtenus sous la contrainte et non fiables", dénoncent les eurodéputés.
L'expert belge a été condamné à mort par un tribunal militaire le 13 septembre dernier, en première instance, aux côtés de 36 autres personnes. Le Parlement européen dénonce une utilisation abusive des tribunaux militaires. Il plaide pour une réforme de la justice, afin de faire du système judiciaire congolais "une institution indépendante, équitable et efficace, qui garantisse le respect des procédures et la protection des droits fondamentaux".
Lors du débat parlementaire mercredi, Wouter Beke (CD&V, PPE) a souligné qu'il ne s'agissait pas seulement de la personne de Jean-Jacques Wondo, "mais des valeurs fondamentales de justice universelle et de droits humains: un procès équitable et des soins médicaux ne sont pas des faveurs, mais des droits que chacun doit recevoir."
Pour Elio Di Rupo (PS, S&D), Jean-Jacques Wondo est tombé "dans une mare de crocodiles" liée aux conflits sur la réforme des services congolais de renseignement. L'expert avait été invité à Kinshasa en février 2024 pour conduire des réformes de l'Agence nationale congolaise de renseignement (ANR).
Le texte, voté à main levée, émane d'une large coalition PPE, S&D, ECR, Renew, Verts/ALE.
