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Les chemins de fer belges invités à présenter des excuses pour leur rôle dans la déportation vers les camps de concentration

La SNCB doit présenter des excuses pour le rôle qu'ont joué les chemins de fer belges dans la déportation vers les camps de la mort durant la Seconde Guerre mondiale. C’est l’une des 30 recommandations d’un groupe de sages mis en place dans le sillage d'une étude historique.

Anne François Belga
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Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Société nationale des chemins de fer belges a organisé 28 convois entre Malines (province anversoise) et le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz. De cette façon, 25.843 personnes ont été déportées, avant tout des Juifs, des Roms et des prisonniers politiques. Seuls 1.195 d’entre eux sont revenus de ce camp après la Libération en 1945. Pour l’organisation de ces convois, la SNCB a reçu près de 51 millions de francs belges, soit l’équivalent (en tenant compte de l’inflation) d’un peu moins de 15 millions d’euros.

Une étude menée par le CegeSoma - le Centre d’études et de documentation Guerre et Société contemporaines -, à la demande du Sénat et du ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet, a révélé que la direction de l’époque de la SNCB a fait des erreurs et est restée aveugle aux conséquences de sa collaboration avec l’occupant allemand. L’étude reconnait que les Allemands n’auraient jamais toléré une éventuelle opposition des chemins de fer belges, mais estime que la direction aurait pu retarder les déportations. "Celles-ci ne semblaient pas être sur le radar", indiquait le chercheur Nico Wouters du CegeSoma.

Les personnes à déporter vers Auschwitz étaient rassemblées à la Caserne Dossin de Malines

"Des excuses indispensables"

En 2012, le patron de la SNCB de l’époque, Jannie Haeck, avait déjà admis le rôle joué par la Société des chemins de fer dans la déportation, mais sans présenter d’excuses officielles. Le groupe de sages qui a réalisé l’étude juge ces excuses indispensables, afin que les victimes reçoivent la reconnaissance qu’elles méritent.

"En ce qui concerne la reconnaissance des victimes, la SNCB doit non seulement exprimer des regrets mais aussi présenter des excuses officielles pour le rôle joué par les Chemins de fer belges de l'époque dans l'organisation des convois ferroviaires de déportation", énonce l'une des recommandations du groupe dirigé par la juriste Françoise Tulkens. La société de chemins de fer est également invitée à mettre en œuvre diverses initiatives mémorielles et à organiser une journée du souvenir afin de rappeler le drame des déportations, par exemple par une annonce dans les gares.

Une recommandation vise par ailleurs le gouvernement fédéral et l'ensemble des administrations et organismes publics afin d'intégrer dans la formation des managers, fonctionnaires, magistrats, policiers et militaires les dilemmes moraux auxquels les acteurs de l'époque ont été confrontés. "C'est une question plus actuelle que jamais", a souligné ce vendredi Françoise Tulkens lors d'une présentation au Sénat.

Si le groupe des sages s'est engagé dans la voie de la réparation, il n'a en revanche pas demandé d'indemnisation des victimes, 80 ans après les faits.

Le chemin de fer au camp de Birkenau

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