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Deux Russes poursuivis à Bruxelles pour l'utilisation à grande échelle d'un rançongiciel

Le tribunal correctionnel néerlandophone de Bruxelles a initié ce vendredi l'examen d'un dossier concernant deux Russes qui auraient utilisé un rançongiciel (ransomware) pour soutirer de l'argent à des centaines de milliers de personnes. Le couple aurait conçu et diffusé lui-même le programme informatique malveillant. L'affaire sera entendue le 9 mai. Le parquet fédéral considère l’homme (40 ans) et la femme (44 ans) comme chef et membre décisive d’une organisation criminelle.

Anne François Belga
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Les deux prévenus auraient utilisé le rançongiciel "Crylock" pour bloquer à distance des fichiers informatiques et demander des rançons. Ils auraient fait en tout près de 400.000 victimes pour un préjudice total de plus de 3 millions d'euros.

"Crylock" a été détecté pour la première fois en Belgique en 2014 et le parquet fédéral a lancé une enquête en 2016. Des années d'enquête ont permis d'identifier V.S., 40 ans et E.T., 44 ans, deux ressortissants russes. Ils ont été interpellés en Espagne en juin 2023, puis remis à la Belgique. La police a saisi 16 serveurs lors de perquisitions à leur domicile espagnol.

C'est V.S., agissant sous les pseudonymes de "Alkash" et "Korrector", qui aurait développé le logiciel malveillant avant de l'utiliser pour infecter des milliers d'ordinateurs à travers le monde. Les victimes sont principalement des entreprises, mais aussi des particuliers et même des mineurs d’âge.

Le parquet veut d'ailleurs poursuivre V.S. pour extorsion de mineurs. E.T., évoluant sous l'alias "Olga", aurait de son côté fait la publicité du rançongiciel auprès d'acheteurs potentiels et aurait servi d'intermédiaire pour négocier avec les victimes afin d'obtenir les rançons. Elle-même victime d'une cyberattaque similaire en 2015, elle aurait contacté V.S. avant de commencer à travailler avec lui.

A l’ouverture du procès, le ministère public a exhorté les futures victimes à ne pas payer les rançons et à contacter la police. Selon le parquet, l'argent ainsi soutiré servirait à concevoir des logiciels malveillants encore plus puissants. L'audience sur le fond se tiendra le 9 mai.

D’après le parquet fédéral, il s’agit de la première fois que des ressortissants russes sont jugés en Belgique pour des attaques à grande échelle avec un rançongiciel. C’est donc une affaire exceptionnelle pour notre pays, qui prouve que la cybercriminalité peut être contrecarrée avec succès.

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