Actuellement, 235 personnes en Belgique se sont vu interdire tout accès à un port à la suite de délits liés à la drogue. Afin de mieux contrôler si ces personnes respectent effectivement cette prohibition, une nouvelle plateforme rassemblant toutes les interdictions de port vient d’être lancée, au port d’Anvers. Elle permet de vérifier plus facilement si les personnes qui souhaitent accéder aux installations portuaires y sont bien autorisées. L’application baptisée AIGIS devrait rapidement être utilisée par les contrôleurs gérant l'accès aux entreprises du port et au reste des installations.
Une plateforme permet de mieux contrôler le respect des interdictions d'entrer dans un port
Le ministre de la Justice Paul Van Tigchelt, également en charge de la Mer du Nord, était ce mardi à Anvers, dans les bâtiments de l’Antwerp Euroterminal, pour présenter le nouvel outil, basé sur une banque de données. Les parquets de tout le pays devront encoder dans l'application les interdictions de port prononcées par les cours et tribunaux.
Il y en a actuellement 235, dont 167 sont définitives. Ces interdictions ont presque toutes été prononcées à Anvers, par un juge, un conseil ou un juge d’instruction, pour une durée maximale de 20 ans. Elles signifient que les personnes concernées ne peuvent pas entrer dans l’enceinte d’un port en Belgique, ni exercer un métier qui soit lié à un port.
La nouvelle plateforme AIGIS offre aux autorités et aux entreprises une liste de toutes les personnes interdites dans les ports. Lorsqu'une personne concernée se présente dans une installation portuaire, le système envoie automatiquement une notification au parquet ou à la police, précise le ministre Van Tigchelt. "Des services tels que la police, le contrôle de la Navigation, les douanes et les agences de sécurité auront accès à AIGIS, tout comme l'administration pénitentiaire. Tous les accès et toutes les modifications de la plateforme sont logués minutieusement."
La plateforme remplace les listes Excel
"Cette plateforme n’est pas une solution miracle contre le trafic de drogues", reconnait le ministre de la Justice. "Elle est plutôt complémentaire à d’autres systèmes, comme les contrôles biométriques". Paul Van Tigchelt est convaincu que cette banque de données centrale améliorera la sécurité dans les ports, qui pourront mieux contrôler l’accès à leurs installations.
"Avec AIGIS, nous renforçons la sécurité, tout en respectant la législation sur la protection de la vie privée. Cette plateforme veillera à ce que les interdictions de port ne disparaissent plus dans les listes Excel utilisées jusqu’à présent. C’est une étape importante dans la lutte contre la criminalité", concluait le ministre de la Justice.

