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Les normes sur les résidus de pesticides dans l'eau potable assouplies en Flandre occidentale

La société de distribution d'eau potable De Watergroep est autorisée à distribuer de l'eau potable contenant davantage de résidus d'un fongicide (triazole) que ce qui est autorisé en Europe. Cette autorisation temporaire a été octroyée par le ministre flamand de l'Environnement et de l'Agriculture, Jo Brouns, en raison du risque de pénurie d'eau potable. Le problème est le plus aigu dans le Westhoek.

Anne François Belga
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Le Watergroep a mesuré, dans des bassins versants cruciaux pour l'eau potable en Flandre occidentale, des niveaux de triazole (résidu d’un pesticide qui est utilisé dans l’agriculture, mais qui se retrouve aussi dans des médicaments) dépassant la valeur de précaution européenne de 0,1 microgramme par litre. Le 20 décembre dernier, à la demande du groupe, le ministre Jo Brouns lui a toutefois accordé l'autorisation de continuer à extraire de l'eau potable à cet endroit.

Il a par ailleurs fixé la concentration maximale à 1 microgramme par litre, soit dix fois plus que la norme européenne. L'exception est valable pour deux ans. "Nous avons accordé une exception motivée à la compagnie des eaux, qui est entièrement basée sur la santé", a assuré Jo Brouns à la VRT. "Il n'y a pas de danger pour la santé publique. En collaboration avec De Watergroep, nous allons également mettre en place un plan de surveillance et d'action afin de réduire davantage les résidus", a-t-il ajouté.

Alors que peu de données sur les conséquences du triazole pour la santé humaine sont disponibles - comme l’indiquait à VRT NWS le professeur de Sciences biomédicales Greet Schoeters -, le ministre Brouns de base notamment sur les conclusions de l’Institut flamand de recherches technologiques VITO pour fixer la concentration maximale de triazole à 1 microgramme par litre. VITO a en effet conclu que 4,5 microgrammes par litre reste "(très) sûr du point de vue de la santé". C’est 45 fois plus que la norme européenne et quatre fois plus que ce qui a été mesuré dans le Westhoek.

Jo Brouns estime donc qu’un rehaussement temporaire de la norme à 1 microgramme par litre ne devrait pas engendrer de problèmes pour la santé de plus de 600.000 habitants de Flandre occidentale qui consommeront cette eau.

Le Watergroep a mesuré notamment à Zillebeke des dépassements de la norme européenne

Trop de pesticides?

L'extraction d'eau potable dans le Westhoek doit cependant parfois être interrompue parce que les niveaux de pesticides y sont trop élevés. Pas plus tard qu'en octobre, des recherches ont montré que le plus petit type de PFAS, l'acide trifluoroacétique (TFA), apparaît notamment en masse dans cette région. Le filtrage du TFA et des triazoles dans l'eau nécessite une méthode coûteuse.

Le ministre Brouns estime néanmoins que cette solution permet de minimiser au maximum les risques. "Comme pour le TFA, il ne s'agit pas de ne rien faire. La norme que nous avons maintenant est déjà une application du principe de précaution, car elle est plus stricte que la valeur de référence de l'OMS."

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