Le Centre de recherche en arboriculture fruitière (pcfruit) installera des panneaux solaires au-dessus d’un verger de poiriers à Saint-Trond. C’est une première dans le Limbourg, a expliqué Dany Bylemans, directeur de pcfruit dans Het Belang van Limburg. Ces panneaux solaires pourront remplacer les filets anti-grêle ou des bâches anti-pluie, tout en produisant de l’électricité. Les chercheurs analyseront la quantité de lumière que les panneaux laissent passer afin de garantir la croissance continue des arbres fruitiers.
Des panneaux solaires au-dessus des vergers produisent de l’électricité tout en protégeant les récoltes
"Il s'agit d'un projet pilote ou d'une installation expérimentale, où des panneaux solaires seront installés au-dessus des vergers", explique Dany Bylemans, directeur général de pcfruit.
"Ce n'est pas comme une cellule photovoltaïque placée sur un toit, par exemple, parce qu'elle ne laisse pas passer la lumière", précise-t-il. « Or, une culture a besoin de lumière. Nous travaillerons donc avec différents panneaux solaires, qui laissent encore passer 30, 40 ou 50 % de la lumière. Nous verrons ensuite quel est l'impact de cette réduction de la lumière sur le rendement et la qualité des poires".
Il est certain que la production de fruits diminuera. "La lumière est un facteur de production très important. Si vous la réduisez, vous devrez donc renoncer à une partie du rendement", explique Dany Bylemans. "C'est là que nous allons tester les limites de ce projet : jusqu'où pouvons-nous aller dans la production d'électricité sans perdre trop de production ?
Une protection contre les intempéries et es maladies
À cet égard, Dany Bylemans se réfère au principe de l'« agrivoltaïque ». Un système étagé qui associe une production d'électricité photovoltaïque et une production agricole au-dessous de cette même surface. "Cela signifie que lorsqu'on combine la production d'électricité et la production agricole, cette dernière doit rester primordiale", explique-t-il. Mais le rendement combiné de l’électricité et de la culture doit être supérieur à celui de la culture ou de l’électricité pris séparément."
"Mais construire en dur dans un espace ouvert, ce n'est pas vraiment quelque chose que les autorités encouragent. Cela va évidemment créer une pollution visuelle dans le paysage", poursuit M. Bylemans. "Mais dans le domaine de l'arboriculture fruitière, cela pourrait être exceptionnellement possible, car diverses structures sont déjà nécessaires pour protéger nos cultures.
"Les filets anti-grêle, les bâches anti- pluie sont nécessaires pour protéger nos cultures de la grêle, de la forte chaleur du soleil et des grosses averses. L'objectif de cette installation pilote est de déterminer si ces structures existantes peuvent être remplacées par des panneaux solaires : protéger les cultures des variations climatiques tout en produisant de l'énergie localement, en d'autres termes."
Un projet à plus grande échelle
En outre, il pourrait y avoir un autre avantage, selon Dany Bylemans. « Nous cherchons également à savoir si ce type de protection peut nous permettre d'utiliser moins de produits chimiques pour la protection des cultures. Il y a beaucoup de maladies qui peuvent attaquer les fruits lorsqu'il pleut. Si les parties aériennes des cultures sont moins mouillées, il y aura peut-être aussi moins de maladies. Ce serait un effet secondaire intéressant.
"Notre projet pilote couvre 0,7 hectare, ce qui est déjà relativement important", déclare encore Dany Bylemans. "Si nous pouvons déterminer quelles sont les meilleures variantes de panneaux solaires, il y aura également un intérêt de la part des producteurs de fruits. La production d'énergie locale leur est également bénéfique. Ils ont, par exemple, besoin de beaucoup d'électricité pour leurs chambres froides, où ils conservent les fruits."
À Bierbeek, dans le Brabant flamand, des panneaux solaires ont déjà été installés au-dessus du verger d'un producteur de poires. "C'était un test initial de la KU Leuven sur une très petite parcelle. On y a observé une réduction du rendement de 15 à 20 %, mais il s'agissait d'une installation si petite que des effets secondaires ne peuvent pas être exclus. C'est pourquoi nous passons à une échelle supérieure, toujours en collaboration avec la KU Leuven."
