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Le recul le plus important concerne les antibiotiques.

Les enfants consomment moins de médicaments, mais l'utilisation d'antidépresseurs et d'antiacides est en hausse

La consommation de médicaments chez les enfants et les jeunes de moins de 18 ans a diminué au cours des 10 dernières années. C'est ce qui ressort d'une nouvelle étude réalisée par la Mutualité chrétienne (MC), dévoilée ce lundi. Toutefois certaines tendances sont préoccupantes comme l’utilisation de plus en plus fréquente de certains médicaments comme les antiacides, les médicaments pour le TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) et les antidépresseurs sont en hausse chez les mineurs.

Eric Steffens Belga
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La Mutualité chrétienne a examiné les données de facturation de ses affiliés âgés de 0 à 18 ans entre 2013 et 2023. Il en ressort que la consommation de médicaments chez les enfants et les adolescents est globalement en baisse, avec 57% ayant au moins un médicament remboursé en 2023, contre 62% en 2013. Les dépenses de l'assurance maladie pour les médicaments ont également diminué de 8%.

Les antibiotiques en plus forte baisse

Le recul le plus important concerne les antibiotiques, en particulier l'amoxicilline et l'amoxicilline combinée à l'acide clavulanique, souvent utilisée dans les infections respiratoires. Dans ces catégories, le nombre d'utilisateurs est en baisse de 16% et 45% respectivement par rapport à 2013. En revanche, l'utilisation de la flucloxacilline, un antibiotique utilisé pour les infections cutanées, a progressé de 66%.

Malgré la baisse globale, la consommation d'antibiotiques en Belgique reste supérieure à la moyenne européenne.

"Il reste important d’informer soigneusement les prestataires de soins et les patients sur les risques de la résistance aux antibiotiques", déclare Luc Van Gorp, président de CM Gezondheidsfonds. "Nous espérons que les différentes campagnes de communication menées à ce sujet seront régulièrement répétées, afin que nous puissions continuer à sensibiliser."

Utilisation de médicaments contre le TDAH et d'antidépresseurs en hausse

Les médicaments pour le système nerveux sont à l'origine de l'augmentation la plus inquiétante sur la période 2013-2023, note la MC. Pour ceux contre le TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) par exemple, le nombre d'utilisateurs a augmenté de 31,5% entre 2013 et 2023. La consommation d'antidépresseurs a, elle, bondi de 43%.

"L’accompagnement psychologique est une étape importante dans le traitement, par exemple, du TDAH et de la dépression", explique Luc Van Gorp. "Pourtant, nous constatons que l’utilisation de ces médicaments ne cesse d’augmenter et qu’elle n’est souvent pas accompagnée de psychothérapie." Luc Van Gorp plaide pour un meilleur accès aux soins psychologiques, afin d’éviter un usage inutile de médicaments.

Selon la Mutualité chrétienne, il est également nécessaire de mettre en place des directives claires et une collaboration multidisciplinaire pour garantir que les enfants et les jeunes bénéficiant d’un traitement médicamenteux pour des troubles psychiques puissent le suivre de manière sûre et contrôlée.  

La consommation d'antiacides en hausse

Le top 5 des classes de médicaments remboursés les plus utilisés reste inchangé par catégorie d'âge par rapport à 2013, sauf chez les adolescents. En 2023, ces derniers ont consommé nettement plus d’antiacides qu’il y a 10 ans. Leur utilisation chez les adolescents est passée de 2,8 % en 2013 à 3,9 % en 2023.

Il s'agit d'inhibiteurs de la pompe à protons, utilisés pour réduire la sécrétion d’acide gastrique, des médicaments généralement bien tolérés. Cependant, la MC met en garde contre des effets secondaires tels que des maux de tête et un risque accru d'effet rebond (les symptômes réapparaissant à l'arrêt du traitement). Des indices suggèrent également qu’une utilisation prolongée peut être nocive, par exemple, pour les reins et le système osseux.

Chez les jeunes enfants, les chercheurs ont observé un usage "off-label" pour cette catégorie de médicaments. Ils sont souvent prescrits aux nourrissons contre le reflux, bien qu’ils ne soient pas approuvés pour les enfants de moins d’un an. Le pourcentage de nourrissons ayant reçu une prescription d’IPP est passé de 2,7 % en 2013 à 3,1 % en 2023.

"Grâce aux quotas maximum pour les antiacides, désormais introduits par l’INAMI, nous espérons pouvoir éviter une surconsommation", déclare Luc Van Gorp.

La consommation de contraceptifs oraux en baisse

Enfin, la MC indique avoir constaté une baisse notable concernant les contraceptifs oraux. Le nombre total d'utilisateurs a diminué de 16% depuis 2013. Parallèlement, la mutualité observe une augmentation du nombre de femmes de moins de 18 ans qui optent pour un stérilet hormonal: en 2013, 52 membres de la MC avaient demandé un remboursement à ce sujet, contre 483 en 2023.

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