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Une photo de Julie Van Espen, l'étudiante assassinée à l'âge de 23 ans

La Justice a présenté des excuses à la famille de Julie Van Espen, qui qualifie le geste d'historique

L’actuel ministre Paul Van Tigchelt et son prédécesseur Koen Geens, ainsi que d’autres représentants de la Justice belge, se sont rendus au domicile de la famille de Julie Van Espen pour lui présenter des excuses officielles. L'État belge a en effet été jugé responsable du viol et de l'assassinat de Julie Van Espen en 2019 par le tribunal de première instance de Bruxelles. D'après ce dernier, des erreurs commises par la cour d'appel d'Anvers ont fait traîner en longueur le procès en appel de l'auteur des faits, Steve Baekelmans. "Ces erreurs sont en partie imputables au pouvoir exécutif, qui n'a pas su veiller à ce que la cour d'appel d'Anvers bénéficie d'une quantité suffisante de personnel", indiquait le tribunal de première instance mi-décembre. La famille estime que le mea-culpa des autorités fait l'effet d'une "guérison" et est "historique". L'initiative "Mission Julie, Mission Justice", entreprise par les proches de la victime et visant à formuler des recommandations à la Justice, se poursuit "sans relâche".

Anne François Belga
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Le ministre de la Justice du gouvernement démissionnaire, Paul Van Tigchelt, a indiqué dans la nuit de dimanche à lundi que des excuses ont été présentées à la famille de la victime, âgée de 23 ans lors de son assassinat. Il s'agit "d'excuses pour les erreurs commises par le système judiciaire et la responsabilité que le système judiciaire porte par conséquent dans la mort de Julie", ainsi que "d'excuses pour les souffrances immenses et irréparables causées à la famille", selon les mots du ministre.

"La justice reconnaît le jugement et donc les erreurs. C'est pourquoi le ministre de la Justice démissionnaire a décidé de ne pas faire appel", a ajouté Paul Van Tigchelt. "En concertation avec les parents de Julie, les mêmes représentants de la Justice, du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif tiennent à présenter leurs excuses à l'ensemble de la population et en particulier à la famille de Julie, à son petit ami, à ses amis et à tous ceux qui l'ont connue", a poursuivi le ministre de la Justice sortant.

Selon Stijn Verbist, l'avocat de la famille de Julie Van Espen, ces excuses sont "historiques". "Et surtout la manière dont cela s'est déroulé: il est sans précédent que de hauts représentants de Justice s'excusent personnellement au nom du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif. Ils se sont rendus au domicile de la famille et ont eu une conversation en face à face", souligne l'avocat. La délégation était composée du ministre de la Justice Van Tigchelt, de son prédécesseur Koen Geens (qui était ministre au moment de l’assassinat de Julie), mais aussi du premier président de la Cour de Cassation, de l’ancien et de l’actuel présidents de la Cour d’appel d’Anvers et de l’actuel procureur-général près la Cour d’appel d’Anvers.

"La famille de Julie apprécie énormément ces excuses. Pour elle, l'affaire est désormais close, ainsi que pour l'État belge. Il n'y aura pas d'appel de l'État et la famille ne réclamera pas de dommages et intérêts", a précisé l’avocat Stijn Verbist.

La famille Van Espen, avec l'avocat Stijn Verbist (2e de la gauche)

Faire bouger la Justice

Erik Van Espen, le père de la victime, estime que les excuses viennent clore le procès: "Nous nous tournons maintenant vers l'avenir. Il y a encore beaucoup de choses à faire bouger au sein de la Justice et nous voulons y prendre part."

Le ministre Paul Van Tigchelt a également tenu à remercier publiquement la famille de Julie Van Espen. "La Justice est particulièrement reconnaissante envers la famille pour son engagement permanent en faveur d’une société plus sure. De cette façon, elle a contribué ces dernières années à des réformes importantes, comme la nouvelle loi pénale sexuelle, la création d’un Centre de soins pour les victimes de violences sexuelles, une meilleure formation des magistrats dans la lutte contre les violences sexuelles, une augmentation du budget de la Justice et un renforcement du pouvoir judiciaire, ainsi que diverses mesures qui doivent améliorer le traitement des crimes sexuels devant les cours et tribunaux".

Le ministre Paul Van Tigchelt

Julie Van Espen a été violée et assassinée le 4 mai 2019 par Steve Baekelmans, un homme qui avait déjà eu affaire à la Justice à plusieurs reprises, notamment pour des actes violents et sexuels. Le 30 juin 2017, il avait encore été condamné à 4 ans et demi de prison pour viol par le tribunal correctionnel d'Anvers, mais le tribunal n'avait pas ordonné son arrestation immédiate à ce moment-là. Il a fallu attendre 23 mois avant qu'il soit également condamné en appel. Entretemps, il avait commis un nouveau geste irréparable.

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