Aller au contenu principal
Le Millennium Iconoclast Museum of Art (MIMA) au Quai du Hainaut à Molenbeek

Neuf ans après sa création, le MIMA ferme définitivement ses portes à Molenbeek ce dimanche

Le musée d'art contemporain installé depuis avril 2016 dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean ferme définitivement ses portes ce 5 janvier à 19h, neuf ans après son ouverture au bord du canal de Bruxelles. L'établissement très populaire auprès du public, qui en avril dernier espérait encore pouvoir mener à bien une expansion, avait dû annoncer en octobre sa future fin à cause de la fermeture prolongée du Quai du Hainaut, en raison d'un risque d'effondrement de la voirie permettant d'accéder au musée. Cette situation a mené à une baisse importante de la fréquentation et mis en péril la situation financière du MIMA. N'ayant pu obtenir un soutien financier de la Fédération Wallonie-Bruxelles ni trouver jusqu’à présent un nouvel emplacement, le musée privé se voit contraint de fermer ses portes ce dimanche, en même temps que son exposition "Multitude".

Anne François Belga
Publié:
Actualisé:update:

Le Millennium Iconoclast Museum of Art (MIMA) a présenté depuis son ouverture au printemps 2016 un total de 17 expositions d'art contemporain dans l'ancienne brasserie Belle-Vue, au Quai du Hainaut à Molenbeek. D’emblée, il a attiré de nombreux visiteurs - un millier par semaine en moyenne, dont 40% d’écoliers, pendant sa première année d’existence -, parvenant ainsi à un total de plus de 400.000 visiteurs en 9 ans.

La direction du musée a cependant dû se résoudre l'an dernier à programmer la fermeture de l'établissement, en raison d'une affluence en forte baisse après la fermeture en juillet 2024 pour travaux de la voirie menant au site. Le musée a évoqué une diminution du nombre de visiteurs de plus de 50% durant l'été. "Cette situation a mis en péril la viabilité économique de l'institution", a confié la direction. Institution privée, le MIMA tire 50% de ses revenus de la vente d’entrées. Le reste provenant d’une campagne annuelle de crowdfunding, de subventions et investisseurs privés.

La direction a déploré l'incertitude autour de la durée des travaux sur la voirie, qui pourrait s'allonger sur deux ans. Le musée n'a pu obtenir de soutien financier de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui a confirmé début octobre ne pas pouvoir "allonger des moyens" pour maintenir l'établissement. "Par contre, travailler avec le MIMA, chercher des solutions en collaboration et l’accompagner, évidemment nous ferons notre maximum", avait déclaré la ministre-présidente Élisabeth Degryse, responsable aussi pour la Culture.

Le MIMA a également cherché des solutions pour poursuivre ses activités - partiellement avec l’aide des agences hub.brussels et citydev.brussels -, mais aucune n'a pu être trouvée avant cette date. Le musée a donc décidé de fermer définitivement à 19h ce dimanche, avec la fin de l'exposition "Multitude" du street artiste Alexandre Farto alias Vhils. Pour l'occasion, le créateur portugais est présent à Bruxelles, où il a réalisé une œuvre murale sur une façade de la rue Léopold.

Le MIMA avait déjà annulé deux expositions planifiées en octobre : l’une confiée au duo italien-japonais Lolo & Sosaku et l’autre réservée au collectif Crafteke, basé à Bruxelles.

Des expos à dimension sociétale

"Le MIMA est l’un des acteurs de la nouvelle ambition culturelle de la Région bruxelloise", avait déclaré en mars 2017 - un an après la création du Millennium Iconoclast Museum of Art - le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, qui venait de lui allouer un subside de 40.000 euros pour financer deux expositions favorisant la mixité. "Notre soutien à ce type d’expositions qui possèdent une dimension sociétale se rattache au soutien d’autres projets qui confèrent un rayonnement fort à la Région, non seulement en Belgique mais aussi à l’étranger", indiquait Vervoort.

Après la première exposition "City Lights" (2016) organisée par le MIMA dans l’ancienne brasserie Belle-Vue, ces subsides ont servi à organiser en 2017 tout d’abord l’exposition "A Friendly Takeover", consacrée à l’artiste néerlandais de graffiti Boris Tellegen, qui a acquis une notoriété internationale dans les années 1990 sous le pseudonyme de 'Delta'. Puis l’exposition "Art is comic", dédiée à la bande dessinée. Avec des installations qui rappelaient les parcs d’attraction, le musée de Molenbeek voulait faire de la visite une expérience humoristique et esthétique.

Affiches de l'exposition "Get up, Stand up!" au MIMA

Les habitués du MIMA se souviendront d’expositions comme « Wonderland » (2018) des créateurs Akay et Olabo, qui travaillent dans des zones interdites comme les entrepôts condamnés, des immeubles de bureaux abandonnés ou des chantiers désaffectés. Ou l’exposition de posters "Get up, stand up !" (2018-19), "Dream Box” (2019), l’exposition “Zoo” (2020-21) dont les installations donnaient la parole aux animaux à poils et plumes sur l’humain par le biais de 11 artistes internationaux utilisant des personnages anthropomorphes.

Le musée avait dévoilé sa collection permanente en 2022 avec "MIMA reload", avant de proposer "Invader Rubikcubist", la première exposition personnelle d’Invader entièrement consacrée au Rubikcubisme. Un terme inventé par l’artiste en 2005, qui fait référence à son travail d’atelier autour du Rubik’s cube, célèbre casse-tête coloré, avec lequel il crée des tableaux et sculptures.

Exposition "Zoo" au MIMA (2020)

Avec "Local Heroes" (2023), le MIMA se transformait pendant 4 mois en un temple de boxe et d’arts interagissant avec le visiteur. A la manière du gymnase grec antique, combinant les exercices du corps et de l’esprit, l’univers de la boxe était présentée de manière vivante. En marge des œuvres exposées sur 3 étages, des boxeurs et boxeuses de haut niveau sont venus s’entrainer et jouer avec le public dans la salle d’entrainement.

L’avant-dernière exposition au MIMA, "Popcorn" (2024) présentait 15 artistes jeunes et expérimentés qui peignent avec une dose de surréalisme comparable à celui des années 1930 une image colorée, décalée et onirique de notre société. L’exposition de clôture "Multitude" de l’artiste portugais Vhils traite, elle, de notre relation avec la ville. Elle est encore à voir jusqu’à 19h ce dimanche de fermeture du MIMA.

Le musée propose ce 5 janvier aussi une visite guidée des lieux qu’il quitte et une vente de liquidation de son stock (à -50%), avant son "endless goodbye".

MIMA , Quai du Hainaut 41 à 1080 Molenbeek-Saint-Jean.

REGARDER

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5