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Jeroen (à g.) et Dylan Verhard, avec Chris Vanherck (centre), dont ils ont repris la boulangerie en novembre dernier à Kumtich.

La galette des rois à nouveau très prisée : une boulangerie de Tirlemont y cache même une pièce en or de 500 euros

Depuis quelques années, la fête de l’Epiphanie (6 janvier) connait un regain de popularité en Belgique, ou plus exactement la galette des rois qui est traditionnellement dégustée à cette occasion. Alors que les galettes en pâte d’amandes surmontées d’une couronne de carton doré se comptaient par quelques dizaines dans les pâtisseries artisanales il y a une dizaine d'années, certains pâtissiers en produisent maintenant chaque année des centaines. Depuis quelques temps, certains y remplacent même la fève par une pièce d’or véritable. Ce qui leur vaut une affluence de clients début janvier. C’est notamment le cas du boulanger Luc De Weerdt dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles, le premier à le faire. Mais c’est aussi cette année le cas des boulangers Dylan et Jeroen Verhard à Kumtich près de Tirlemont (en Brabant flamand), qui ont dissimulé une pièce d’or dans l’une de leurs galettes. Elle vaut environ 500 euros.

Anne François Belga
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Dans la tradition chrétienne, l’Epiphanie commémore le 6 janvier le jour où les Rois mages Melchior, Balthasar et Caspar sont allés rendre visite à l’enfant Jésus né dans une crèche à Bethlehem. Plus de 2.000 ans plus tard, cette tradition est encore bien vivante chez nous - et célébrée en général le dimanche qui suit le 1er janvier -, notamment grâce à la galette des rois, en pâte d’amandes, dans laquelle les boulangers cachent une fève. Il peut s’agir d’une véritable fève ou d’une petite statuette qui rappelle l’histoire biblique, voire même d’un sujet sorti tout droit des dessins animés. En porcelaine ou en plastique. Celui ou celle qui trouve la fève est roi ou reine pour un jour et peut porter la couronne de carton doré qui orne la traditionnelle galette.

Depuis quelques années, un nombre croissant de pâtissiers cachent dans une ou plusieurs de leurs galettes une pièce en or. Une idée qu’ils doivent sans doute au pâtissier bruxellois Luc De Weert qui lançait l’initiative il y a 4 ans, avec quelques pièces de 18 carats d’une valeur d’environ 500 euros chacune. Résultat : il vend chaque année près de 3.000 galettes des rois. Les clients se pressent dans sa boulangerie, dans l’espoir de découvrir le gros lot dans leur tarte.

La boulangerie Verhard à Kumtich, près de Tirlemont, a décidé de dissimuler cette année une pièce d’or dans l’une de ses galettes. "Nous avons reçu cette pièce de Chris Vanherck, l’ancien propriétaire de la boulangerie, lorsque nous avons repris son commerce en novembre dernier. Avec les fêtes de fin d’année, nous avons eu beaucoup de travail et Chris a continué à nous donner des conseils. Il veut que sa boulangerie continue à bien tourner. Nous lui en sommes reconnaissants. Dans un premier temps, nous pensions transformer son cadeau de reprise - une vieille pièce en or - en une chaîne, mais subitement mon frère Jeroen, avec qui j’ai repris la boulangerie, a eu l’idée de cacher la pièce dans une galette des rois", expliquait en riant Dylan Verhard à Radio 2.

A Kumtich, les galettes des rois sont encore faites de façon artisanale.

A Bruxelles aussi

“Nous nous sommes renseigné combien vaut une pièce en or. Selon les sources consultées, la valeur oscillerait entre 500 et 700 euros. Elle date de 1904. Il s’agit en fait d’un objet de valeur en soi. Une sorte d’héritage". A Kumtich, les frères Dylan et Jeroen Verhard espèrent recevoir de nombreuses commandes de galettes, puisque l’une d’elle contient la pièce d’or en guise de fève. "Nous sommes en train de cuire des galettes à toute volée. Nous les faisons encore nous-mêmes, de façon artisanale. Je ne peux donc pas révéler la recette secrète”, confiait Dylan.

Le boulanger Luc De Weerdt à Saint-Gilles avait remporté un succès national, il y a quatre ans, avec ses galettes en or. Il poursuit sur sa lancée. "L’an dernier, j’avais caché 4 pièces de 500 euros chacune dans quatre galettes. Mais cela m’a coûté trop cher. Cette année, je me contente de deux pièces dans autant de galettes, d’une valeur de 250 euros chacune", précisait Luc De Weerdt.

Une tradition toujours plus populaire

Alors que les boulangers et pâtissiers sont traditionnellement très sollicités à Noël et Nouvel An, le début d'année n'est toutefois plus de tout repos pour les artisans depuis quelques années : ils reçoivent en effet un nombre grandissant de commandes de galettes des rois pour l'Épiphanie. "La quantité de production devient de plus en plus comparable avec la période de Noël", indique le président de la Fédération francophone de la boulangerie-pâtisserie, Albert Denoncin.

La popularité grandissante de cette fête se traduit par une hausse de la production chez les boulangers. Les galettes se comptaient par quelques dizaines dans les pâtisseries artisanales il y a une dizaine d'années tandis qu'à l'heure actuelle, certains artisans en produisent chaque année des centaines. Côté industriel, leur nombre peut même dépasser les centaines de milliers. La chaîne de magasins Delhaize prévoit par exemple la vente de 200.000 galettes.

"Auparavant, le moment de relâche pour les boulangers c'était après le Nouvel An, aujourd'hui c'est après l'Épiphanie", souligne Albert Denoncin. Il note que cette hausse de production est bien accueillie par les artisans, étant donné que la période entre l'Épiphanie et la Saint-Valentin (14 février) est particulièrement creuse. "Ça fait vivre aussi le commerce".

La tendance est également à la galette originale. La simple frangipane avec une noisette en guise de fève a cédé la place à des galettes avec abricot, pistache ou chocolat. "La diversification c'est un peu pour se démarquer", explique Albert Denoncin. "Il y a 10 à 20 sortes de galettes, chacun peut faire son choix". Ou alors tenter sa chance dans une boulangerie aux fèves d’or…

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