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Le ministre belge des Affaires étrangères Bernard Quintin en Turquie

"Le futur gouvernement fédéral devra prendre une décision à propos du rapatriement de combattants de l'EI"

Une éventuelle décision de rapatrier des prisons et camps de réfugiés du nord-est syrien des combattants djihadistes venus de Belgique attendra le prochain gouvernement fédéral, toujours en cours de formation. "Une telle décision doit être prise par un gouvernement de plein exercice", estime le ministre des Affaires étrangères Bernard Quintin (photo, à g.) à l'issue d'une rencontre avec son homologue turc Hakan Fidan à Ankara. Le libéral a transmis à ce dernier l'attente belge que la sécurité et la stabilité soient maintenues autant que possible dans cette région kurde semi-autonome.

Anne François Belga
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En déplacement à Ankara, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement fédéral en affaires courantes a échangé avec son homologue turc au sujet de la Syrie, grand voisin qui a connu un bouleversement avec la chute du régime de Bachar al-Assad début décembre. Dans cette période de transition et d'incertitude, les Kurdes, qui dirigent de facto le nord-est de la Syrie et administrent des prisons et camps avec des centaines d'anciens combattants de l'Etat islamique (EI), craignent une résurgence de l'organisation djihadiste, ainsi que les offensives de groupes armés soutenus par la Turquie.

Or, pour la Belgique (comme pour nombre d'autres pays européens), "c'est une question de sécurité nationale", a indiqué jeudi Bernard Quintin, en conférence de presse aux côtés du ministre turc Hakan Fidan. "Ce qui est important pour nous, c'est que la sécurité des camps soit assurée", a-t-il ajouté.

Le ministre Bernard Quintin (au centre)

Pour la Turquie, "les détenus (en Syrie) devraient être récupérés par les États dont ils ont la citoyenneté", a quant à lui rappelé Hakan Fidan. Le ministre turc souligne le "fait qu'ils ont été maintenus là pour une période indéfinie, sans procès", y ajoutant que les détenus "ont été gardés par le PKK", une organisation kurde considérée comme terroriste à laquelle Ankara assimile les YPG, les Unités de protection du peuple actives en Syrie.

Pour répondre aux inquiétudes sécuritaires de la Turquie, "on veut que le gouvernement syrien reprenne la sécurité des camps et prisons (du nord-est), et si ce n'est pas possible, la Turquie est prête à aider", lance encore Hakan Fidan. "On doit travailler ensemble sur le futur de ces camps, ils ne peuvent pas être là pour l'éternité", reconnait le ministre belge Bernard Quintin.

À la mi-décembre, le directeur de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) Gert Vercauteren avait lancé un appel au futur gouvernement, via un entretien dans le quotidien Le Soir, à rapatrier tous les combattants belges de l'EI détenus en Syrie. Sans perspective de jugement sur place, l'État belge devra se résoudre à "reprendre" ses 13 ex-combattants connus qui sont détenus au Kurdistan syrien.

Ce nombre n'inclut pas les femmes et enfants liés à des djihadistes venus de Belgique, qui se trouvent dans des camps de réfugiés dans la même région. Plusieurs rapatriements d'enfants et de leurs mères ont déjà eu lieu en 2021 et 2022.

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