Au plus tard en juin de l’an prochain, la Flandre autorisera sur ses routes la présence de poids-lourds de très grande taille, aussi appelés "écocombis". L’annonce provient de la ministre flamande en charge de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), livrées par plusieurs médias flamands. En Wallonie, un projet pilote se poursuit jusqu'en septembre à propos de ces "supertrucks", tandis que la Région bruxelloise n'autorise pour le moment pas ce type de véhicule sur ses axes routiers.
La Flandre autorisera les poids-lourds de grande taille au plus tard en 2026
Les "écocombis", ou "VLL" ("véhicules plus longs et plus lourds") peuvent mesurer jusqu'à 25,25 mètres de long (au lieu de 18,75 mètres pour un poids-lourd standard) et avoir une masse totale allant jusqu'à 60 tonnes (contre 44 tonnes maximum). Déjà autorisés aux Pays-Bas et dans plusieurs pays scandinaves, ils devraient faire leur apparition sur les routes flamandes pour le 30 juin 2026 au plus tard, si l’on en croit les déclarations de la ministre de la Mobilité Annick De Ridder. Son cabinet précise toutefois qu'il fera "tout ce qui est possible pour aller plus vite".
La Flandre est la première Région belge à s'être penchée sur la question, avec la mise en place de projets pilotes dès 2015. Jusqu'à présent, les compagnies de transport du nord du pays peuvent effectuer chaque année deux trajets avec des VLL, moyennant le respect de conditions strictes. Les chauffeurs doivent en effet être en possession d'une attestation supplémentaire, en plus du permis poids-lourds, et ces véhicules ne peuvent circuler que sur des itinéraires définis, comportant peu d'intersections. Ils ne peuvent pas non plus transporter d'animaux vivants ni de produits dangereux.
Du côté de la Wallonie, l'intention manifestée par la ministre flamande ne modifiera pas le calendrier établi par la Région. La phase pilote en cours depuis 2017 se poursuit jusqu'au 30 septembre 2025, avec une évaluation annuelle. "La décision flamande n'accélèrera pas les choses, mais nous serons attentifs à l'expérience au nord du pays", souligne Thomas Fyon, porte-parole du ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes (Les Engagés).
Limiter les émissions provenant du transport routier
La Région de Bruxelles-Capitale n’a, pour sa part, encore démarré aucun projet à propos de l’autorisation de circulation des supers poids-lourds sur son territoire. C’est un problème pour la fluidité du transport de marchandises, puisque quelques kilomètres du Ring transitent par son territoire, notamment à hauteur d'Anderlecht.
" Nous espérons vraiment que le gouvernement bruxellois va autoriser ces véhicules sur les petits bouts du Ring qui lui appartiennent", souligne Isabelle De Maegt, porte-parole de la Fédération belge des transporteurs et des prestataires de services logistiques (Febetra). "Ce serait une avancée importante pour connecter la Flandre et la Wallonie."
Elle souligne par ailleurs l'intérêt de ces écocombis, notamment parce qu’ils permettent de limiter le nombre de poids-lourds sur les routes et les émissions engendrées par le transport routier. En Belgique, le secteur d'activité le plus polluant est celui des transports (23,4% des émissions totales en 2022). Le transit de marchandises par la route représente quant à lui 98,1% du total des émissions du secteur des transports (chiffres de 2019).
