Aucun louveteau n'a pointé le bout de son museau en Flandre en 2024, a indiqué jeudi l'association Welkom Wolf. La Wallonie a, elle, vu l'est de son territoire se peupler d'une douzaine de jeunes. Trop peu cependant pour se réjouir, a déploré l'ASBL qui œuvre en faveur de la protection de ces canidés.
Aucun louveteau n'est né en Flandre en 2024, mais Welkom Wolf espère des naissances au printemps 2025
"C'est un nombre ridiculement bas, sachant que le sud de la Belgique est plus propice (à l'établissement des loups, NDLR) que les territoires de la Flandre et des Pays-Bas réunis", selon Welkom Wolf. Chez nos voisins néerlandais, les meutes de loups se sont agrandies de 55 petits cette année.
En Wallonie, le sud des Hautes-Fagnes a vu naître au moins cinq bébés (contre minimum quatre en 2023), tandis que la meute de l'Eifel s'est enrichie de sept louveteaux (au moins six l'an dernier). Dans le nord des Hautes-Fagnes, la louve Maxima - qui avait été repérée pour la première fois en décembre 2020 dans le massif - a été tuée accidentellement le 27 mars dernier, a priori dans une collision avec un véhicule. Le mâle Akela, âgé d'environ 8 ans et installé sur le territoire wallon depuis juin 2018, a déjà atteint un âge avancé pour un loup, dont la longévité serait d'une dizaine d'années. Ensemble, le couple a donné naissance à trois portées entre 2021 et 2023. L'an dernier, la femelle et le mâle avaient encore eu une portée d'au moins cinq jeunes. Une partie de leur descendance née en 2021 est à la base de la création, en 2023, des deux meutes adjacentes, celles du Nord-Eifel et du sud des Hautes-Fagnes. Ces trois territoires de meutes sont compris dans une zone de présence permanente unique comptant 60.000 ha en Wallonie et prolongée au-delà de la frontière allemande.
De nouveaux louveteaux au printemps 2025 ?
Welkom Wolf ne veut toutefois pas céder au fatalisme. "Si tout se passe bien, on peut s'attendre à ce que le Limbourg accueille de nouveaux louveteaux au printemps 2025", espère le spécialiste Jan Loos au sein de l'ASBL. Cette potentielle descendance ne tient néanmoins "qu'à un fil: si un adulte meurt renversé, les chances de voir naître de nouveaux louveteaux chute drastiquement", s'inquiète M. Loos.
Pour l'ASBL, des infrastructures sont nécessaires pour permettre aux loups de se mouvoir en toute sécurité. "Nous savons où ils se trouvent, quelles routes ils ont l'habitude de traverser. Cela fait des années que nous plaidons pour l'instauration d'écoducs ou de grillages aux points particulièrement dangereux, sans succès", regrette Jan Loos.
Si Welkom Wolf espère que les autorités flamandes prendront le dossier à bras le corps, le ton est mitigé chez la ministre régionale de la Mobilité et des Travaux publics, Annick De Ridder. "Concernant les chantiers publics, nous nous concentrons actuellement sur les missions premières: veiller à ce que nos routes soient exemptes de nids de poule, à la maintenance des ponts et tunnels et à l'arrivée de suffisamment de nouveaux trams et bus", a réagi la ministre N-VA. "C'est là que je place mes priorités, pas dans la construction d'écoducs supplémentaires ou de grillages pour les loups."
Braconnage
Autre cause de mortalité chez le canidé: le braconnage, dénonce l'association. Cette chasse aux loups aurait lieu principalement sur des domaines privés. "La Wallonie offre des territoires particulièrement adaptés à ces animaux, mais ils y sont abattus. Il n'y a pas de surveillance sur les domaines privés, et les autorités wallonnes se contentent de regarder ailleurs."
Début décembre, le loup a été rétrogradé d'espèce "strictement protégée" à "protégée" par les 49 États membres de la Convention de Berne. "L'Union européenne justifie ce changement par une augmentation des populations de loups et des attaques sur le bétail, estimées à 65.500 par an", relève Natagora. Pour l'organisation de protection de l'environnement, le loup a cependant peu d'impact sur les troupeaux et cette décision est strictement politique. Le déclassement était réclamé par les éleveurs.
Or, l'animal constitue "un pilier de nos écosystèmes et un indicateur de la santé de notre environnement". En Wallonie, le Plan loup allie mesures de prévention (comme l'installation de clôtures mobiles), de protection (en favorisant la quiétude des tanières) et de sensibilisation à des possibilités d'indemnisation pour les éleveurs.
Une vingtaine de loups en Belgique
Une vingtaine de loups vit actuellement en Belgique: entre 20 et 25 individus répartis en trois meutes déambulent dans les Hautes-Fagnes et dans l'Eifel, tandis que la présence de trois spécimens a été confirmée en Flandre.
Welkom Wolf demande à toute personne qui aurait aperçu un loup de la contacter.
