Aller au contenu principal

Pourquoi une rue de Bruxelles porte-t-elle le nom d'Isala Van Diest ?

Isala Van Diest est l'une des rares femmes à avoir une rue qui porte son nom à Bruxelles. Ce nom ne vous dira peut-être pas grand-chose, mais Isala Van Diest était pourtant une personne importante. Elle fut, en effet, à la fin du XIXe siècle, la toute première femme médecin de Belgique et la première femme universitaire belge. C'est le sujet que nous propose de découvrir l’hebdomadaire BRUZZ dans sa rubrique Big City.

BRUZZ Eric Steffens Maya Callizaya
Publié:

Dans sa rubrique "Big City", l’hebdomadaire bruxellois BRUZZ - destiné aux Bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) - publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale.

Isala Van Diest est née en 1842 à Louvain dans une famille progressiste. Son père était chirurgien, large d’esprit, et sa mère active dans des organisations féministes. Il n'est donc pas surprenant qu'Isala soit elle-même une féministe convaincue. Comme son père, elle considérait que devenir médecin était une vocation. Afin de y parvenir, elle a dû se rendre en Suisse, car en Belgique, en tant que femme, elle n'était pas autorisée à étudier la médecine à l'époque.

Elle y obtient son diplôme en 1879 et devient ainsi la première femme belge titulaire d'un diplôme universitaire. Elle a ensuite travaillé pendant deux ans comme médecin en Angleterre, où l'idée d'une femme médecin était déjà mieux acceptée.

De retour en Belgique, son diplôme n'est pas reconnu et elle doit passer des examens complémentaires. Pour ce faire, elle a pu s'inscrire à l'ULB, accessible aux femmes depuis 1880. Isala Van Diest y termine ses études avec succès, mais un nouveau problème se pose par la suite : les femmes ne sont pas encore autorisées à exercer la profession de médecin en Belgique. Il faudra un arrêté royal en 1884, pour qu’elle soit autorisée à ouvrir son propre cabinet médical à Bruxelles. Elle a alors 42 ans. Ce qui fait d'elle la première et aussi la seule femme à exercer la médecine dans notre pays. Ce n'est qu'en 1890 que les femmes ont obtenu l'accès permanent à des professions telles que médecin ou pharmacien.

Elle doit faire face à des préjugés

En 1884, Isala Van Diest entre comme médecin dans l'organisation bruxelloise Le Refuge, une maison d'accueil pour anciennes prostituées et de lutte contre la traite des femmes et la prostitution. Les locaux se trouvaient alors à la chaussée de Vleurgat à Ixelles.

Deux ans plus tard, elle ouvre son propre cabinet à Bruxelles, mais cela ne se fait pas sans difficultés. Bien qu'elle ait reçu l'autorisation d'exercer, elle doit vaincre les préjugés de ses patients et de ses collègues. C'est pourquoi, dans un premier temps, elle a surtout soigné des patients étrangers, tels que des Britanniques et des Américains, qui n'étaient pas surpris par la présence d’une femme médecin.

Isala Van Diest a continué à exercer son métier jusqu'à ce qu'elle rencontre des problèmes de santé à l'âge de 60 ans. Elle perdait progressivement la vue et a passé les dernières années de sa vie à Knokke. Pendant tout ce temps, elle a continué à militer pour les droits des femmes et a fondé en 1892 avec Marie Popelin, première femme belge licenciée en Droit, la Ligue belge des Droits de la Femme.

Elle est décédée le 6 février 1916, à Knokke, à l'age de 72 ans. 

Une rue porte son nom près de Tour et Taxis

Isala Van Diest et Marie Popelin figurent ensemble sur une pièce commémorative de deux euros émise en 2011 par la Banque nationale de Belgique à l’occasion du centenaire de la Journée internationale des Femmes.

Enfin en 2020, lorsqu’un nouveau quartier de Bruxelles a été créé sur l’ancien site industriel de Tour et Taxis, une rue porte le nom d’Isala Van Diest. Si un jour vous vous y passez pensez au chemin qu'elle aura tracé pour de nombreuses femmes en tant que première femme médecin de Belgique.  

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5