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Pour atteindre l’objectif flamand de 2.800 MW en 2030, il faudrait rajouter chaque année au parc éolien 160 MW de capacité supplémentaire, soit 4 fois autant que ce qui a été ajouté en 2024.

Seules 12 nouvelles éoliennes ont été installées en Flandre cette année, une centaine d'autres sont coincées en procédures d'appel

Au cours de l’année écoulée, seules douze nouvelles éoliennes ont été installées dans toute la Flandre, produisant l’équivalent de 45 mégawatts (MW). C’est la quantité la plus basse enregistrée au cours des dix années écoulées. Pour atteindre l’objectif flamand de 2.800 MW en 2030, il faudrait rajouter chaque année au parc éolien 160 MW de capacité supplémentaire, soit quatre fois autant que ce qui a été ajouté en 2024.

Anne François Luc Pauwels
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"Cela fait mal. Nous avons le potentiel de faire beaucoup en Flandre, mais nous ne l’utilisons pas. C’est tellement dommage". Chris Derde, l’un des pionniers de l’énergie éolienne en Flandre, en perd presque courage. Avec sa coopérative Wase Wind, il a réalisé ces 20 dernières années un beau parc éolien. Quatorze turbines s’élèvent entretemps et il veut y ajouter une quinzième. Mais le projet est bloqué.

Derde veut aussi remplacer ses 3 plus anciennes éoliennes par des modèles plus modernes. "Ils peuvent produire de 2 à 3 fois plus d’électricité", explique Chris Derde. "Mais actuellement, cela ne marche pas".

Eoliennes installées à Diest le long de l'E314 par Aspiravi

La construction de turbines à l’arrêt

Chris Derde n’est pas le seul qui voit ses projets ralentis. Les grands acteurs du secteur, comme Luminus, voient aussi des projets contrecarrés. "Nous avons plus de 150 éoliennes en Flandre”, indique le porte-parole Nico De Bie. "Mais cette année nous n’en avons érigé aucune. Nous sommes en train de construire deux nouvelles turbines, mais elles ne seront terminés qu’en 2025".

Même son de cloche chez Engie-Electrabel. “Nous sommes en train de construire 3 turbines en Flandre, qui seront livrées en 2025. Cette année nous n’avons pas mis d’éoliennes en service en Flandre”, indique la porte-parole Hellen Smeets.

D’autres acteurs du secteur lancent également des cris d’alerte. Même l’exception Aspiravi, responsable pour 6 des 12 éoliennes installées cette année en Flandre, se fait du souci. "2024 a été une bonne année avec 6 turbines, mais nous sommes inquiets pour l’an prochain”, avoue la porte-parole An Schaubroek.

L’Association flamande d’énergie éolienne (VWEA), qui représente le secteur de l’énergie éolienne en Flandre, confirme le sentiment de ses membres : 2024 aura été une très mauvaise année. "Au cours des 10 dernières années, nous n’avons jamais construit aussi peu d’éoliennes en Flandre qu’en 2024", met en garde le directeur Maarten Dedeyne. "Nous atteignons à peine un quart des objectifs inscrits dans l’accord du nouveau gouvernement flamand".

C’est aussi ce qui ressort des chiffres de la VWEA, qui cadrent parfaitement avec les chiffres officiels de l’Agence flamande du climat et de l’énergie (VEKA). Au cours des meilleures années, une cinquantaine de turbines ou plus ont été installées. En 2015, on a même placé 88 turbines en Flandre. Les turbines actuelles sont plus grandes et peuvent produire davantage d’électricité, mais on en a placé tellement peu cette année que la quantité d’électricité supplémentaire qui peut ainsi être produite est la plus basse en 10 ans.

Au cours des 10 dernières années, le parc éolien ne s’était encore jamais aussi peu agrandi qu’en 2024.

Les objectifs flamands ne sont pas atteints

La nouvelle ministre flamande à l’Energie, Melissa Depraetere, a revu à la hausse les objectifs en matière de production d’énergie renouvelable, dans sa note politique : d’ici 2030, il doit au moins y avoir une capacité de 2.800 MW d’énergie éolienne disponible. Le but précédent était de 2.642 MW. Ce qui veut dire que nous allons tous devoir faire un effort supplémentaire.

Actuellement on atteint 1.858 MW. Il reste donc 942 MW a gagner en six ans, soit 160 MW en plus par an. Avec les 46 MW qui ont été installés cette année, le secteur de l’énergie éolienne flamand se situe près de 3 fois et demies en-dessous de ses ambitions. Diverses causes expliquent cette mauvaise situation en Flandre, des causes auxquelles le gouvernement régional peut remédier.

Les subsides disparaissent

Le gouvernement flamand sortant a décidé que les subsides pour la construction d’éoliennes seront suspendus définitivement à la fin de cette année. Depuis quelques années, les nouvelles éoliennes ne reçoivent déjà plus de soutien financier, mais cette mesure doit être définitive.

Le secteur de l’énergie éolienne éprouve actuellement des difficultés financières. Notamment en raison des coûts plus élevés des turbines. Les prix imprévisibles de l’électricité sont une menace. Ils peuvent subitement monter en flèche, comme redescendre très rapidement, même sous zéro.

Il y a diverses causes pour expliquer la mauvaise situation en Flandre.

Le phénomène des prix négatifs se produit de plus en plus souvent. Quand trop d’énergie éolienne et solaire est produite aux moments où on n’a pas besoin, les surplus d’énergie sont vendus à des prix négatifs de dumping sur le marché. Au même moment, les producteurs d’électricité doivent donc payer pour vendre de l’électricité plutôt que de gagner de l’argent.

Pour éviter que des producteurs ne fassent faillite, des mécanismes de soutien ont été élaborés. Ils fixent des prix garantis pour les producteurs d’électricité. Si les prix du marché tombent sous ces prix garantis, le gouvernement complète. Si les prix du marché sont plus élevés, les producteurs doivent rembourser le surplus au gouvernement.

Pour les deux réacteurs nucléaires prolongés pareil mécanisme a été élaboré. Les nouveaux parcs éoliens bénéficieront de la même protection. Mais ce n’est pas le cas pour les éoliennes flamandes installées dans les terres. Ce qui fait que le climat d’investissement pour les nouveaux projets éoliens flamands est tellement incertain qu’il risque de caler. La VWEA demande donc à la ministre de l’Energie Melissa Depraetere de reconsidérer d’urgence le système des subsidiations. Avant le 1er janvier.

Le phénomène des prix négatifs se produit de plus en plus souvent.

Les procédures d’appel sont problématiques

Un deuxième élément qui joue des tours au secteur sont les longues procédures d’obtention de permis. Depuis quelques années les permis de construction et environnementaux ont été liés et sont traités par une même administration. Depuis le gouvernement précédent, seule la Région flamande octroie encore les permis. Les provinces ne peuvent plus intervenir.

Selon les dires du secteur, les choses calent encore toujours quand une procédure d’appel est introduite contre un permis. Elle traine alors beaucoup trop longtemps. Les développeurs de projets réclament une accélération des procédures d’appel.

A l’heure actuelle, quelque 400 MW de nouvelles turbines seraient bloqués par de telles procédures d’appel. "C’est l’équivalent de 100 grandes nouvelles éoliennes", indique Maarten Dedeyne. "Si on pouvait les installer, cela ferait une grande différence pour la Flandre".

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