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"L'empereur d'Herentals" est décédé, il aurait eu 91 ans vendredi.

Le monde du cyclisme belge en deuil : Rik Van Looy est décédé à l’âge de 90 ans

La Belgique a perdu l'une de ses icônes du cyclisme avec Rik Van Looy (90 ans). "L'Empereur d'Herentals" a remporté pas moins de huit monuments du cyclisme et a été deux fois champion du monde. Van Looy aura aussi révolutionné le cyclisme avec sa "Garde rouge" de l’équipe Faema.

Sporza Eric Steffens
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Henri (Rik) Van Looy est né le 20 décembre 1933 à Grobbendonk (en Campine anversoise), il quitte l'école à l'âge de treize ans pour travailler comme livreur de journaux à vélo. Il commence à faire parler de lui dans les années ’50 comme débutant.

À 22 ans, il est recruté par l’équipe Faema dirigée par Briek Schotte et Federico Bahamontes. Dans les classiques, Van Looy s’impose immédiatement comme leader, remportant dès sa première saison Gand-Wevelgem et le Grand Prix de l’Escaut.

La Flandre tombe alors sous le charme de ce coureur flegmatique. Celui qui succède à Rik Van Steenbergen reçoit rapidement le surnom de Rik II. Grâce à son bagout et à son allure hollywoodienne, rehaussée par la beauté de sa femme Nini, Rik Van Looy dépasse vite Van Steenbergen en popularité.

En 1958, il remporte sa première grande classique avec Milan-San Remo. Van Looy transforme ses coéquipiers de l’équipe Faema en une machine bien huilée, surnommée "La Garde Rouge" à cause de la couleur de leurs maillots. Les  "domestiques" de Van Looy neutralisaient tous ses adversaires et lui préparaient le terrain idéal afin qu’il puisse passer à l’offensive. Avec des entraînements spartiates autour du lac de Garde pendant l’intersaison, les bases étaient posées pour le reste de l’année.

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Van Looy est le grand favori de chaque classique à laquelle il participe. Il finira par gagner chaque grande classique au moins une fois. Le natif de la Campine n’est pas un grimpeur exceptionnel, mais il possède un sprint redoutable qui lui apporte de nombreuses victoires : 493 au total dans toute sa carrière.

Joie et déception aux Championnats du Monde

Grâce à sa vitesse, Rik Van Looy brille également lors des Championnats du Monde. En 1960, en Allemagne à Karl-Marx-Stadt (Chemnitz) , il devance le champion sortant André Darrigade. L’année suivante, à Berne, il réitère l’exploit en battant Nino Defilippis.

Deux ans plus tard, le Championnat du Monde est organisé en Belgique à Renaix, et tout le pays attend une troisième couronne pour Van Looy, ce qui lui permettrait d’égaler Van Steenbergen. Toute l’équipe belge roule pour Van Looy, contrôlant le peloton en vue d’un sprint massif.

Mais un coureur belge ne suit pas ce scénario. Lors de la course, Van Looy est surpris au sprint par le relativement inconnu Benoni Beheyt qui devient champion du monde à sa place. Van Looy est humilié sur ses terres. Cet épisode est resté dans l’histoire comme "la Trahison de Renaix". Van Looy ne s’est jamais remis de cette défaite.

Déclin et reconversion

Après ce Championnat du Monde, Van Looy est un peu moins performant dans les classiques. En 1966, Eddy Merckx rejoint son équipe. Van Looy comprend vite que son successeur est arrivé. Après sa carrière, Van Looy devient directeur de l’école flamande de cyclisme à Herentals, la ville dont il est citoyen d’honneur et qui lui vaut son surnom : "L’Empereur de Herentals".

Il a remporté le trophée national du Mérite sportif en 1961 et a été intronisé au Temple de la renommée (Hall of Fame) de l'Union cycliste internationale (UCI). En 2018, le Grand Prix Rik Van Looy, une course reliant Westerlo à Herentals, a été créé en son honneur. Il aurait eu 91 ans vendredi.  

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