Si l’on en croit les projections économiques semestrielles de la Banque nationale de Belgique (BNB), notre économie ne se porte pas vraiment bien actuellement. L’industrie ne bénéficie pas d’une grande confiance, l’exportation reste assez médiocre, le marché de l’emploi est hésitant, les investissements dans le secteur de la construction diminuent. L’institution n'entrevoit pas non plus d’augmentation des salaires, en plus de l'indexation, au cours des trois prochaines années. La BNB annonce néanmoins des améliorations pour les années à venir.
La Banque nationale de Belgique n'entrevoit pas d'augmentation de salaires dans les trois années à venir
Un comparatif avec l'Allemagne, les Pays-Bas et la France montre que les salaires en Belgique augmentent toujours plus vite que dans nos pays voisins. Cette hausse est même 1% supérieure aux précédentes projections de la BNB. Cet écart salarial plus important s'explique principalement par le système belge d'indexation automatique. Cette indexation est notamment due à l'inflation en hausse. Elle a grimpé à 4,3% en 2024, principalement en raison d'une inflation alimentaire plus élevée (à cause surtout du tabac) et d'une hausse des prix de l'énergie.
La Banque nationale pointe également le coût plus élevé des titres-services, surtout en Flandre. "Un cinquième du coût salarial plus élevé que prévu est la conséquence de ces titres-services plus chers. Même s'ils ne coûtent individuellement qu'un euro de plus, cela représente une hausse de plus de 10%", a expliqué Geert Langenus, économiste en chef à la Banque nationale.
Ainsi, avec l'indexation et la hausse des coûts salariaux, l'écart salarial avec les pays voisins se creuse un peu plus et met plus de temps à se résorber. Il ne devrait toujours pas être résorbé d'ici 2027, estime la BNB. Or, il est prévu dans la loi que cet écart salarial doit être éliminé. "Cela signifie qu'il ne devrait pas y avoir de marge pour des augmentations de salaire conventionnelles", au-delà de l'indexation, durant ces trois prochaines années, a déclaré le gouverneur de la Banque nationale, Pierre Wunsch (photo).
Ce dernier précise toutefois que ce n'est pas la BNB qui définit ce que seront les salaires à l'avenir. Ceux-ci sont négociés entre syndicats et employeurs, sur base des chiffres du Conseil Central de l'Économie.
Croissance stable
Les experts de la BNB prévoient cependant que l’économie de notre pays restera assez stable ces prochaines années et continuera à croître, grâce à la consommation saine des familles. Nous terminerons l’année 2024 avec une croissance d’environ 1% du produit intérieur brut. Les années à venir, cette croissance devrait passer à 1,2 jusqu’à 1,4%.
L’inflation particulièrement élevée commence cependant à baisser et devrait redescendre l’an prochain à 2,9%, pour passer en 2026 à 1,3%.
Bien que le marché du travail faiblisse, cela ne veut pas dire l’emploi baisse. "Nous pensons qu’une reprise prudente est imminente", indique Geert Langenus. "Le marché de l’emploi a sans doute ralenti dans le secteur de l’industrie, mais il reste particulièrement élevé". Entre 2025 et 2027, quelques 90.000 emplois devraient être créés. Et le taux de chômage devrait rester à un niveau bas "historique" (environ 5,6%).
Dans le domaine des investissements commerciaux et du logement, la Banque nationale ne s’attend par contre pas à des miracles ces prochaines années. "Pour les investissements dans le logement, une amélioration est en vue. Mais même dans ce cas, les investissements seront en 2027 encore 6% moins élevés qu’en 2019", concluait Langenus.
