La ministre de la Défense sortante, Ludivine Dedonder, s'est rendue jeudi en Roumanie aux côtés du chef de la Défense, à l'occasion d'une visite de fin d'année aux militaires belges stationnés dans le pays. La Belgique y participe depuis 2022 au groupement tactique multinational de l'Otan, déployé à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, à la demande de Bucarest. La ministre en a profité pour dévoiler ce vendredi en Pologne son plan d’opération pour l’an prochain. Le nombre de militaires maintenus en "stand-by" pour l'Otan va tripler, voire quadrupler. Près de 1.500 effectifs stationnés en Belgique seront ainsi prêts à être déployés en quelques semaines, voire quelques jours, à la demande de l'Alliance atlantique, si la situation l'exigeait.
La ministre de la Défense prévoit de tripler le nombre de militaires belges en stand-by pour l'Otan
Quelque 250 militaires belges, principalement issus du bataillon 12/13 de ligne, sont détachés depuis novembre dernier au camp Berthelot de Cincu (photo), au centre de la Roumanie. A 300 kilomètres à peine de la frontière ukrainienne, ce bataillon d'infanterie légère se prépare à défendre le territoire de l'Otan face à une agression éventuelle. Le détachement belge collabore avec le Luxembourg et l'Espagne au sein d'un "battle group" sous commandement français, dans le cadre du dispositif Forward Land Forces (FLF), destiné à assurer la sécurité du flanc oriental de l'Alliance atlantique.
"Cela représente un exemple concret de ce que l'on attend de l'Europe de la Défense en termes d'interopérabilité entre les forces armées, mais aussi au niveau capacitaire", indiquait la ministre de la Défense. La mission comporte également un volet de dissuasion. "Il s'agit d'un travail quotidien, qui passe par l'entrainement, mais aussi par l'envoi de messages clairs et forts" face à la menace russe, souligne le lieutenant-colonel Brennet, à la tête du détachement belge en Roumanie.
Un bataillon du Génie a par ailleurs participé à la construction d'une caserne à Cincu. La secrétaire d'Etat roumaine à la Défense, Simona Cojocaru, a quant à elle insisté sur l'importance de "la solidarité et de l'unité" entre les membres de l'Otan. "La dissuasion fonctionne. Nous y mettons énormément d'efforts et d'énergie, ici en Roumanie", a-t-elle ajouté.
Au cours de leur visite, la ministre Dedonder et le chef de la Défense ("Chod") Frederik Vansina ont tenu à remercier le détachement en mission à Cincu pour leur travail. En début de semaine, le général Vansina s'est déjà rendu au Bénin et en République démocratique du Congo, afin de rendre visite aux Belges impliqués dans la formation de différentes brigades locales.
Plan opérationnel pour 2025
Ludivine Dedonder a présenté ce vendredi le plan opérationnel de la Défense pour 2025, lors d'une conférence de presse en Pologne. "L'objectif reste la dissuasion, mais également d'augmenter notre niveau de préparation".
Entre 650 et 1.400 soldats seront en outre déployés sur des terrains d'opération étrangers en 2025, en fonction des périodes de l'année, a-t-elle annoncé. Cela représentera une augmentation de 20% par rapport à l'année dernière. Un détachement de 300 militaires réalisera notamment une rotation en Roumanie, au sein de groupement multinational tactique de l'Otan, afin de protéger le flanc est de l'Alliance.
L'année 2025 marquera également le retour de la Belgique au sein de la Kfor, la force de l'Otan au Kosovo. Il s'agira du premier engagement opérationnel de la nouvelle capacité de drones de reconnaissance du bataillon Chasseurs à Cheval - ou Istar (pour "Intelligence, Surveillance, Target Acquisition and Reconnaissance"). Les quatre F-16 belges qui assuraient une mission de défense aérienne en Lituanie en 2024 seront par ailleurs déployés en Islande l'année prochaine, afin de "consolider la présence belge en Europe du Nord".
Depuis fin 2022, près de 3.300 militaires ukrainiens ont été formés par des instructeurs belges. Cette mission se poursuivra dans les mois à venir, dans des domaines tels que l'infanterie, le génie de combat ou encore les soins médicaux. Un détachement de 55 effectifs belges sera présent pendant trois mois au Portugal, afin de former des soldats ukrainiens au pilotage de F-16.
