Aller au contenu principal

Résultats inquiétants des élèves flamands en mathématiques et en sciences, selon l'étude TIMSS

Les performances d'apprentissage des élèves flamands de 4e année en sciences et en mathématiques se dégradent par rapport à il y a 4 ans. C'est ce que révèle la nouvelle étude internationale TIMSS qui compare les résultats des élèves en mathématiques et en sciences. Au niveau international, nous sommes la région qui enregistre la plus forte baisse dans ces deux matières par rapport à 2015. Le nombre d'élèves les plus performants est en baisse, tandis que le nombre d'élèves échouant au niveau de base est en hausse.

Eric Steffens Belga
Publié:

La ministre flamande de l'Enseignement Zuhal Demir (N-VA) qualifie les résultats d'inquiétants. "C’est frustrant à la fois pour nos élèves et pour nos enseignants" a déclaré la ministre. En 2019, les résultats décevants des élèves flamands de 4e année étaient encore considérés comme un signal d'alarme; mais dans cette nouvelle enquête, les résultats se détériorent encore davantage.

TIMSS recueille tous les quatre ans les résultats de près de 360 000 élèves de quatrième année du primaire en mathématiques et en sciences, dans 58 pays. En Flandre, 146 écoles y ont participé.

Résultats en mathématiques : nous passons du groupe de tête au groupe intermédiaire en 20 ans

En 2003, la Flandre était encore dans le groupe de tête pour les mathématiques, alors qu'aujourd'hui elle se situe au 24e rang. L'Asie domine le top 5 avec Singapour, Taiwan, la Corée du Sud, Hong Kong et le Japon. Les pays voisins, les Pays-Bas (13e place) et l'Allemagne (21e place), sont plus haut dans le classement que la Flandre et restent stables par rapport à il y a quatre ans.

La Fédération Wallonie-Bruxelles se classe à la 40e place du classement, tandis que la France se trouve à la 42e place. Si au niveau international, la Flandre reste au-dessus de la moyenne, elle se situe en dessous de la moyenne européenne.

                                          Les résultats en mathématiques

Le nombre d'élèves flamands atteignant des niveaux élevés, supérieurs ou moyens en mathématiques est systématiquement en baisse. Le nombre d'élèves ayant un faible niveau augmente. Le groupe croissant d'élèves qui n'atteignent pas le niveau de base est également préoccupant : il concerne désormais 5 % des élèves, contre 1 % en 2015.

Si l'on examine les différentes composantes du test de mathématiques, les élèves flamands obtiennent des résultats particulièrement faibles pour les "nombres", par exemple les équations simples ou les fractions. En géométrie, ils s'en sortent beaucoup mieux, bien qu'ici aussi ils se détériorent par rapport à il y a quatre ans.

En bas du classement européen pour les sciences

En sciences, nous n'avons jamais été dans le peloton de tête. Comme la dernière fois, nous terminons à la 35e place du classement, mais les résultats de nos étudiants ne sont pas aussi bons que la dernière fois. Nous partageons cette 35ème place avec la France. La Wallonie se situe 2 places plus bas dans le classement, ce qui en fait la région la moins bien notée parmi les participants de l'Union européenne.

Les élèves les plus faibles, en particulier, voient leur situation se dégrader en sciences. Ce qui est frappant, c'est le triplement du nombre d'élèves qui n'atteignent pas un niveau de base en sciences : en 2015, ce chiffre était de 4 % des élèves flamands, aujourd'hui il est de 12 %. Si l'on compare ce que les élèves apprennent à l'école en matière de sciences, les cours flamands semblent moins complets que dans d'autres pays.

                                                         Les résultats en sciences

Différences entre les élèves : l'écart entre les sexes se creuse

Il existe non seulement des différences entre les pays et régions participants, mais les performances peuvent également varier considérablement au sein de la population scolaire flamande.

Les garçons flamands obtiennent de meilleurs résultats que les filles en mathématiques et en sciences. Cette différence a presque toujours existé, bien qu'elle soit plus importante aujourd'hui que dans les éditions précédentes.

Les élèves ayant un faible statut socio-économique obtiennent de moins bons résultats, mais cette corrélation - du moins pour les mathématiques - est moins forte que dans d'autres pays. Les élèves qui parlent toujours le néerlandais à la maison obtiennent également de meilleurs résultats. Mais c'est pour eux que la baisse est la plus importante. Il en va de même pour les élèves qui ne sont pas issus de l'immigration.

Près d'un tiers (31 %) des élèves flamands déclarent ne pas aimer les mathématiques. C'est plus que la moyenne internationale. Le nombre d'élèves qui aiment « beaucoup » les mathématiques est tout aussi important, mais le résultat est inférieur à la moyenne. En revanche, en sciences, le groupe qui aime beaucoup cette matière (41 %) est plus important que celui qui ne l'aime pas (25 %).

Moins d'attentes et moins de respect

Les chercheurs de l'enquête TIMSS ne se sont pas contentés de poser des questions sur les connaissances en sciences et en mathématiques. Les directeurs d'école, les parents et les enseignants ont également reçu un questionnaire comportant diverses questions d'ordre général. Ces questions ont fait ressortir certaines préoccupations.

Par exemple, les directeurs d'école ont été interrogés sur les attentes des enseignants et des parents à l'égard des élèves et sur les résultats que ces derniers souhaitent obtenir à l'école. Sur cette échelle de "l'importance accordée à la réussite scolaire", notre score est inférieur à la moyenne internationale.

Les enseignants, quant à eux, pourraient indiquer dans quelle mesure les élèves de 4e année sont respectueux de l'enseignant et de l'environnement scolaire, et dans quelle mesure les règles de comportement sont claires à l'école. En résumé, il s'agit d'une "école sûre et ordonnée", pour laquelle nous obtenons également un score inférieur à la moyenne internationale.

Comptez avec vos enfants, dès le plus jeune âge

Lorsque les parents jouent avec leur enfant en bas âge et en âge préscolaire autour des mathématiques et du langage, il existe une corrélation positive avec les résultats ultérieurs en mathématiques et en sciences. Il s'agit, par exemple, de chanter ensemble des comptines, de faire des puzzles ou de lire des livres à haute voix. Les parents flamands sont moins engagés dans ce domaine que les parents d'autres pays.

Les élèves flamands sont également moins susceptibles que leurs camarades étrangers de savoir reconnaître ou écrire les lettres et les chiffres au début de l'école primaire. Les parents et les directeurs d'école le remarquent.

Comment améliorer la situation ?

Ce dernier point est quelque chose d'important pour la ministre flamande de l'enseignement, Zuhal Demir : "Nous devons intervenir dès la maternelle. Nous devons revenir à la base: avec des objectifs minimaux ambitieux pour l'enseignement maternel et primaire, en mettant l'accent sur le vocabulaire et la capacité d'écoute. Car aujourd'hui, l'école maternelle est devenue une véritable crèche en raison de toutes sortes de tâches de soins et l'enseignant n'a plus le temps d'enseigner", déclare la ministre.

Dries Verhelst, chercheur à l'université d'Anvers, se penche également sur la professionnalisation des enseignants : "Les enseignants eux-mêmes demandent une formation continue en mathématiques et en sciences, mais ils n'y participent que trop rarement. Pour les sciences, l'offre de formation continue est également limitée. En outre, 95 % de nos enseignants du primaire sont titulaires d'une licence, alors que dans d'autres pays, on observe une plus grande diversité au sein de l'équipe enseignante et un plus grand nombre de masters".  

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5