Au cours des 5 dernières années, le nombre d’hôtels à Anvers a augmenté de 15%, ce qui représente des centaines de chambres en plus. Avec l’arrivée récente du nouvel hôtel Van der Valk près du parc de la ville, celle d’un hôtel à l’emplacement de l’ancienne discothèque Zillion et la possible extension de l’hôtel Hilton, des centaines de chambres vont encore venir s’y ajouter. Or, la métropole accueille trop peu de touristes - surtout en semaine - pour remplir tous ces hôtels, s’inquiète l’Association des hôtels anversois.
Anvers possède trop de chambres d'hôtels et cherche à attirer davantage de touristes en semaine
Il y a deux ans, le permis d’exploitation était retiré à la luxueuse maison de repos et de soins Park Lane (photo) proche du parc de la ville d’Anvers, en raison d’un manque de personnel et des défauts au bâtiment. Ce dernier est resté vide un certain temps, avant d’être racheté par la chaine d’hôtel néerlandaise Van der Valk.
L’ancienne maison de repos a été entièrement rénovée et transformée en hôtel de luxe, qui a ouvert ses portes ce mardi. D’ici quelques temps, un nouvel hôtel ouvrira également à l’emplacement de l’ancienne discothèque anversoise Zillion et le monumental hôtel Hilton, installé sur la Place Verte (Groenplaats), devrait également être nettement agrandi. Ce qui représentera une addition de centaines de chambres d’hôtel dans la ville portuaire. En 2019, Anvers comptait 65 hôtels avec un total de 4.946 chambres. Au mois de mai dernier, elle en possédait 75 avec un total de 5.823 chambres.
La demande en chambres d’hôtels à Anvers est-elle tellement importante que ces ajouts se justifient ? "Non, il y a actuellement trop peu de touristes pour remplir tous ces établissements", explique Didier Boehlen de l’Antwerp Hotel Association. "Trop de chambres ont été rajoutées à l’offre ces dernières années".
Un taux d’occupation peu élevé
D’après Didier Boehlen, l’augmentation du nombre de chambres, certainement après la fin de l’épidémie de coronavirus, s’est faite très rapidement. "Pendant les week-ends, les hôtels affichent souvent complets et tournent de mieux en mieux, mais pendant la semaine il est de plus en plus difficile de les remplir. Il y a beaucoup d’hôtels de qualité, mais qui doivent être rentables".
La fédération des hôtels anversois est inquiète. "Nous ne craignons pas que tous les hôtels fassent subitement faillite, mais la valeur et les recettes des hôtels nous préoccupent", précise Boehlen. "Le taux d’occupation est maintenant de 70%, mais nous devons réellement parvenir à le faire monter".
Davantage de congrès
Le secteur hôtelier et la ville ont élaboré il y a quelques années un plan pour attirer davantage de congrès à Anvers. "Avec ce type d’événements d’affaires, nous attirons de grands groupes de touristes dans notre ville", expliquait l’échevin au Tourisme Koen Kennis. "De cette façon, nous essayons de remplir aussi les hôtels les jours de semaine". Alors que la ville de Gand (Flandre orientale) a décidé en 2023 de ne plus accepter de nouveaux hôtels à l’intérieur du périphérique, "Anvers n’a pas l’intention d’en faire autant", précise Koen Kennis. "Nous voulons par contre contrôler davantage les logements Airbnb, pour que leur nombre n’explose pas et ne fasse pas concurrence aux hôtels. Nous devons éviter un fléau".
Le secteur des hôtels se dit déjà satisfait de cette approche. "Actuellement, trop peu de choses sont entreprises à l’encontre des Airbnb, que nous considérons comme une concurrence déloyale", indique Didier Boehlen. "Il est urgent de faire quelque chose. A cause des Airbnb et des nuisances que ces logements de particuliers peuvent entrainer, la population locale se montre assez négative vis-à-vis du tourisme".
Les projets intéressants bienvenus
La fédération des hôtels anversois estime qu’il ne faut pas ouvrir d’établissements supplémentaires. "Nous devons maintenant nous concentrer sur la qualité des hôtels existants et veiller à ce qu’ils affichent complet", estime Didier Boehlen.
L’échevin Koen Kennis ne lancera pas d’appel pour attirer de nouveaux hôtels dans la métropole. "Mais si des projets intéressants se présentent, qui comblent un vide dans l’offre, nous ne voulons pas refuser d’emblée. D’ailleurs, quand quelqu’un a obtenu le droit de construire, je ne peux pas l’en empêcher. A moins de prendre des mesures urbanistiques pour bloquer un projet, mais sans rénovation nous constatons souvent des dégradations".
Avec l’hôtel Van der Valk et le 5 étoiles Botanic Sanctuary, des chambres supplémentaires ont été créées dans la catégorie la plus chère. "Nous en sommes ravis", déclare Koen Kennis. "Quand Madonna vient donner un concert au Sportpaleis, elle ne doit plus prendre le taxi pour aller loger à l’hôtel à Bruxelles. Elle peut dormir dans notre ville. Dans ce segment, nous n’avons pas l’impression qu’il y a une offre trop élevée actuellement", concluait l’échevin anversois au Tourisme.
Beaucoup de Britanniques et d’Américains dans les hôtels gantois
A Gand (Flandre orientale), les hôtels affichent pratiquement complet pendant les week-ends de décembre. Le secteur enregistre 85% de réservations. En semaine, l’occupation est moins élevée, bien que les hôtels s’attendent à des réservations de dernière minute. Et les touristes ne viennent plus que des pays voisins, mais aussi d’Espagne et de plus en plus de Grande-Bretagne et des Etats-Unis.
Gand compte environ 3.000 chambres d’hôtels, qui sont occupées à 85% pendant le week-end. En semaine l’occupation est de 62%. "Cela va monter à 72% grâce aux réservations de dernière minute", indique Rudy De Wit du secteur hôtelier gantois. "Nous constatons que les gens attendent plus longtemps avant de réserver. Il y a davantage de réservations en dernière minute. Pourtant les prix augmentent et les visiteurs ont donc intérêt à réserver bien à l’avance". Le secteur affiche maintenant les mêmes chiffres qu’en 2019, avant l’épidémie de coronavirus.
Gand propose aussi des Fêtes d’hiver (Winterfeesten), du 5 au 31 décembre. L’an dernier, elles ont attiré plus de 2 millions de visiteurs. Le marché de Noël, la patinoire et les nombreuses échoppes attirent aussi les visiteurs étrangers, qui restent dormir à Gand. "Nous voyons beaucoup de Néerlandais, mais aussi des Français et des Allemands".
"Ces dernières années, les Espagnols ont également trouvé le chemin de Gand. On entend beaucoup parler l’espagnol pendant la période de fin d’année. Cela provient aussi des nombreux étudiants en échange Erasmus. Mais plus récemment nous avons vu arriver des visiteurs britanniques. Et apparemment Gand plait aussi aux Américains. Le groupe de touristes américains augmente”, concluait Rudy De Wit.
