À partir du 1er décembre 2024, les hommes et les femmes qui se prostituent pourront effectuer leurs prestations dans le cadre d'un contrat de travail, similaire à n'importe quel autre travailleur, a indiqué le cabinet du ministre fédéral du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), à l'origine de cette avancée. La Belgique est le premier pays au monde à accorder un tel statut aux travailleurs du sexe.."Nous n'aurions jamais osé rêver d'en être déjà là aujourd'hui.", déclare Daan Bauwens d'Utsopi, l'union belge des travailleurs et travailleuses du sexe.
Les travailleurs et travailleuses du sexe bénéficient désormais d'un contrat de travail, ce qui constitue une première mondiale pour la Belgique
Cette nouvelle loi sur le statut des travailleurs du sexe (TDS), adoptée le 3 mai dernier, octroie dorénavant un statut social aux prostitués qui jusqu'à présent évoluaient dans une zone grise où leur travail était toléré sans toutefois être reconnu.
Concrètement, le contrat de travail garantira une couverture sociale et un respect des règles qui entourent notamment la durée du temps de travail ou la rémunération. La nouvelle loi garantira également à ces travailleurs une protection contre les risques sur leur lieu de travail.
Ces travailleurs auront par ailleurs le droit de refuser des clients et des actes sexuels sans que cela puisse constituer un motif de licenciement, tandis qu'ils pourront interrompre ou arrêter l'activité à tout moment. Ils auront également la possibilité d'imposer leurs propres conditions à l'activité ou l'acte sexuel.
Une plus grande protection
La nouvelle loi précise que le travailleur du sexe peut démissionner sans préavis ni indemnité.
L'employeur sera pour sa part dans l'obligation de garantir la disponibilité permanente d'une personne de confiance, quel que soit le nombre de travailleurs qu'il occupe. Il sera également chargé d'équiper les pièces où se pratique le travail sexuel d'un bouton d'urgence.
Le proxénétisme reste, lui, interdit. Si un employeur a recours à des travailleurs du sexe en dehors du cadre légal fixé, il pourra dès lors être poursuivi.
La nouvelle loi est le fruit d'un travail de deux ans, élaboré par les cabinets du Travail, des Affaires sociales et de la Justice, en concertation avec les associations de terrain.
"Chaque pays devrait prendre des mesures en ce sens"
Avec cette loi, la Belgique veut s'assurer que les travailleurs et les travailleuses du sexe peuvent exercer leur métier dans des conditions sûres. Nous sommes le premier pays au monde à accorder aux travailleurs du sexe un statut à part entière.
"Il s'agit d'une étape radicale, la meilleure que nous ayons vue dans le monde jusqu'à présent", a déclaré Erin Kilbride, chercheuse à l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, à la chaîne britannique BBC. "Chaque pays devrait prendre des mesures en ce sens".
Selon Mme Kilbride, la nouvelle loi "réduira considérablement le pouvoir des employeurs sur les travailleurs du sexe", le gouvernement imposant des règles strictes aux employeurs.

