La Commission européenne a recommandé provisoirement à la Belgique une trajectoire corrective de 4 années dans le cadre de la procédure de déficit excessif. Notre pays pourra demander une extension de ce laps de temps à sept ans une fois ses budgets déposés, au plus tard le 31 décembre.
La Commission européenne donne 4 ans à la Belgique pour réduire son déficit
Huit pays de l'Union européenne sont actuellement soumis à une procédure de déficit excessif, le volet correctif du pilier budgétaire du Pacte de Stabilité et de Croissance, qui peut en dernier recours déboucher sur des sanctions financières. Outre la Belgique, il s'agit de la France, l'Italie, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et Malte. Ces pays dépassent de manière structurelle les plafonds de 3% de déficit et/ou de 60% de dette publics par rapport au PIB, fixés dans le Pacte.
La Commission a annoncé ce mardi que l'Autriche devrait les rejoindre sous peu. Elle observe aussi d'un œil critique les Pays-Bas, où le nouveau gouvernement de droite et extrême droite a présenté un budget 2025 très dépensier. Et elle examine toujours le budget de la Hongrie.
Quant à la Belgique, elle n'a toujours pas de gouvernement de plein exercice pour s'engager dans des économies et des réformes, tout en maintenant des investissements, comme le réclame l'UE. Cet automne, le gouvernement en affaires courantes, sollicité par le formateur Bart De Wever (N-VA), a obtenu de la Commission un délai jusqu'à la fin de l'année pour déposer son budget 2025 et le plan pluriannuel de retour à une trajectoire saine.
"Nous préférons avoir des plans qui bénéficient d'un soutien politique solide, plutôt que des plans qui ne seraient plus pertinents une fois le nouveau gouvernement en place", confirmait-on à la Commission. "Mais on ne peut pas reporter trop longtemps la question de la procédure de déficit excessif", raison pour laquelle la Commission a formulé ce mardi sa recommandation. Celle-ci porte sur le délai de base de quatre années. La période pourra être étendue à sept ans si notre pays s'engage dans des réformes et des investissements supplémentaires par rapport au plan de relance et de résilience.
Le formateur fédéral Bart De Wever (N-VA) a déjà laissé entendre qu'il demanderait sept années pour apurer le déficit. La France, l'Italie, l'Espagne, la Finlande et la Roumanie ont déjà demandé cette extension, et l'ont obtenue ce mardi, après avoir rendu leurs documents budgétaires.

