Le régime "portes ouvertes" restera suspendu au moins jusqu'à et y compris ce mardi à la prison de Louvain-Central (Brabant flamand), où un gardien a vu sa voiture être incendiée dans la nuit de vendredi à samedi. L’homme a également reçu une lettre de menaces dans sa boîte aux lettres, qui vise sa famille. Son domicile est à présent gardé par la police.
Service réduit à la prison de Louvain après que la voiture d'un gardien ait été incendiée ce week-end
La raison de cette suspension n’a pas été donnée, mais elle est probablement liée à une certaine "agitation animant le personnel ou à l'enquête en cours sur l'incident de samedi dernier". Samedi à l’aube, la voiture d'un gardien de la prison de Louvain a en effet été incendiée devant son domicile à Heers par deux inconnus et une lettre de menaces se trouvait dans sa boîte aux lettres.
D’après le syndicat VSOA, pendant néerlandophone du SLFP, les agressions verbales sont inévitables au sein des prisons. "Mais il est inacceptable qu'une agression d'un agent puisse être organisée dans la sphère privée", a souligné Eddy De Smedt. Pour éviter de telles agressions à l'avenir, le VSOA estime que certaines solutions sont possibles. "Nous demandons depuis longtemps l'abolition de l'inscription du nom des agents sur leurs vêtements. Si les détenus connaissent les noms, il est facile de retrouver les agents dans leur vie privée".
Le syndicat libéral plaide par ailleurs pour la tolérance zéro. "Les agressions à l'intérieur des prisons devraient être punies plus sévèrement. L'agression de personnes qui ne font que leur travail est inacceptable, tout comme l'agression de la famille d'un agent pénitentiaire", a ajouté le syndicaliste. Ce dernier pointe par ailleurs la surpopulation carcérale, dénoncée depuis longtemps. "Cela conduit trop souvent à des agressions", souligne Eddy De Smedt.
Grève le 6 décembre
Les syndicats en front commun ont annoncé jeudi une nouvelle grève du personnel dans les prisons de Bruxelles et de Flandre du 5 au 6 décembre. L'objectif de cette action est de dénoncer l'escalade des agressions de la part des détenus et la surpopulation carcérale, considérée comme l'une des causes de cette violence accrue.
Entretemps, les collègues du gardien visé à la prison de Louvain sont inquiets. "En concertation avec la direction, ils ont convenu de ne fournir qu’un service minimal ces lundi et mardi. Ce qui veut dire que les détenus ne recevront que leurs repas, ils pourront se laver et recevoir de la visite", précisait Eddy De Smedt.
Le système de portes ouvertes - suspendu ces lundi et mardi - permet que les portes des cellules restent ouvertes durant une période déterminée, laissant ainsi la possibilité aux détenus de discuter entre eux, de boire un café ou de faire une activité. Ce régime existe surtout à destination des détenus condamnés à de longues peines. Il n'y aura pour le reste pas de changements dans le déroulement de la journée de travail des détenus et pour les visites.
