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La mort de Julie Van Espen est-elle le résultat d'une "série d'erreurs et de négligences graves" de la part de l'État belge ?

Le tribunal de première instance néerlandophone de Bruxelles examine ce jeudi l'affaire intentée contre l'État belge par la famille de Julie Van Espen (23 ans), assassinée en mai 2019 à Anvers. La famille estime que l'auteur des faits Steve Bakelmans n'aurait pas pu assassiner la jeune fille si la Justice avait fonctionné correctement. "Une série d'erreurs et de négligences ont mené à ce que Bakelmans se promène librement ce jour-là, alors qu'il aurait dû être en prison", soutient leur avocat Stijn Verbist.

Eric Steffens Belga
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Julie Van Espen a été violée et tuée le 4 mai 2019 à Anvers par Steve Bakelmans, un homme déjà condamné à plusieurs reprises pour vol, menaces et infractions au code de la route, mais aussi à deux reprises pour viol. 

Ce quadragénaire, sans-abri, dormait depuis un certain temps sous un pont enjambant une piste cyclable à Merksem. Ce soir-là, quand il a remarqué l'étudiante en relations internationales, il l'a fait tomber de son vélo. Durant l'enquête et ensuite lors du procès, Steve Bakelmans a avoué avoir asséné plusieurs coups de poing au visage de la victime pour qu'elle se taise. Il a déclaré qu'il l'avait traînée jusqu'à l'endroit où il dormait, l'avait partiellement déshabillée et l'avait ensuite violée puis étranglée.

En 2017, le tribunal correctionnel d'Anvers avait condamné Steve Bakelmans à une peine de quatre ans de prison pour des faits de viols mais son arrestation immédiate n'avait pas été ordonnée. Il avait interjeté appel de sa condamnation et dans l'attente d'un jugement en appel, qui n'était toujours pas intervenu le 4 mai 2019, Steve Bakelmans avait été laissé en liberté.

Le dossier n'a pas été considéré comme prioritaire à la cour d'appel. L'affaire devait être traitée le 9 mai 2018 mais a été reportée pour des raisons organisationnelles. En juillet de la même année, il a été décidé de suspendre temporairement le fonctionnement de la chambre devant laquelle Steve Bakelmans devait comparaître en raison d'un manque de personnel.

Le 4 mai 2019, jour de l'assassinat de Julie Van Espen à Merksem, le dossier n'était toujours pas traité.

Manque de moyens de la justice

Selon l'avocat de la famille de l'étudiante, Me Stijn Verbist, le manque d'informatisation, de communication et de personnel à la Justice a notamment créé les circonstances qui ont conduit à la mort de Julie Van Espen. La famille de la victime souhaite que le tribunal établisse ces erreurs et prononce une indemnisation, qui sera reversée à une bonne cause.

L'État belge conteste cependant toute erreur et ne voit aucun lien de causalité avec le décès de l'étudiante.  

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