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Des revenus d'intégration octroyés sur base de fausses adresses : le magazine Pano révèle une vaste fraude au CPAS d'Anderlecht

Des milliers d'euros de revenu d'intégration octroyés par le CPAS à des personnes qui n'y ont pas droit, des fraudes domiciliaires généralisées à Anderlecht : c’est ce qui ressort d’une enquête du magazine d’investigation Pano (VRT), diffusé mardi soir. La ministre de l’Intégration sociale, chargée de la Lutte contre la pauvreté du gouvernement sortant Karine Lalieux (PS), a déclaré qu'elle ferait appel à l'inspection. Mais la N-VA, dans l’opposition à Bruxelles, n'est pas convaincue : "la procédure de contrôle doit changer", estime la N-VA.

Eric Steffens Belga
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Pour Gilles Verstraeten, député bruxellois de la N-VA, le reportage de Pano confirme les soupçons qu'il avait déjà. "C'est peut-être aussi le cas dans d'autres communes bruxelloises, comme Molenbeek et Bruxelles-Ville", suggère-t-il. "Je vous le garantis : il y a des cadavres dans les placards ailleurs. Il y a toute une culture du clientélisme et l'on peut tout arranger pour vous si vous connaissez quelqu'un".

Mustapha Akouz (PS), président du CPAS d’Anderlecht de 2018 à juin dernier, l 'admet presque en toutes lettres dans le reportage de Pano. "Mais ne s'agit pas seulement d'Akouz", souligne Gilles Verstraeten. "L'actuel président du CPAS d'Anderlecht (Lotfi Mostefa (PS), ndlr) est également président de la Société de logement social. Il y a aussi beaucoup d'histoires à ce sujet. On pourrait d'ailleurs y consacrer tout un reportage de Pano".

Selon Gilles Verstraeten, le contrôle ne fonctionne tout simplement pas. "Le SPP Intégration sociale (Service public fédéral de programmation ndlr.) est un organisme fédéral qui supervise les CPAS et qui est également dirigé par une socialiste bruxelloise, Karine Lalieux. On y fait toutes sortes de rapports d'inspection qui montrent que les choses ne vont pas, mais rien ne se passe".  

La ministre Karine Lalieux (PS)

"Une restructuration en profondeur s'impose"

Gilles Verstraeten raconte également comment la Région bruxelloise alloue des millions d’euros aux CPAS, mais ne fait rien ou presque pour les contrôler, et comment le conseil communal renvoie lui aussi au conseil du CPAS. Selon lui, une restructuration majeure s'impose.

"Toute la chaîne de contrôle doit changer : au niveau communal, régional et fédéral. La confiance, c'est bien, le contrôle, c'est mieux, or, le CPAS d'Anderlecht ne sanctionne et ne contrôle presque rien. 

"Cela dure depuis des années, et ensuite nous sommes surpris de voir un dérapage budgétaire. Alors que ce système est ainsi politiquement manipulé et qu’il y a des abus".

Les montants indûment versés seront récupérés

Le porte-parole de la ministre de l'Intégration sociale et de la Lutte contre la pauvreté (en affaires courantes) Karine Lalieux (PS) informe que la ministre a été informée des problèmes au CPAS d'Anderlecht par le biais du Service public d'intégration sociale. L'administration a fait appel à l'inspection.

"Le CPAS collabore avec l'inspection et le service public pour trouver des solutions. Si des revenus d’intégration ont été indûment versés, ils seront récupérés".

Le porte-parole souligne que Mme Lalieux est "responsable du fonctionnement du service public, mais pas du fonctionnement interne de chaque CPAS individuellement. C'est une compétence des autorités locales et régionales."  

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L'échevine des Finances d'Anderlecht réclame un audit approfondi

L'échevine des Finances de la commune d'Anderlecht, Bieke Comer (Vooruit), réclame mercredi un "audit financier approfondi" du CPAS de sa commune après la diffusion mardi du reportage de Pano.  

Interrogée par Belga, l'édile se dit "vraiment choquée" par ces informations faisant état de l'attribution rétroactive, sans vérifications préalables, de revenus d'insertion à des personnes ne résidant pas la commune. Selon le reportage diffusé lors de l'émission d'investigation Pano, des contrôles en suffisance sont impossibles à mener en raison d'un sous-effectif chronique au sein du CPAS, lequel ne peut faire face à un nombre de dossiers qui ne cesse d'augmenter.

"Le CPAS est là pour venir en aide aux personnes dans le besoin. Quiconque fraude doit être puni", juge Mme Comer. Celle-ci réclame la conduite d'un audit de l'institution, mais aussi davantage de professionnalisme et de contrôle en son sein. L'élue rappelle que son parti est depuis longtemps en faveur de la mise sur pied d'un CPAS commun pour tout Bruxelles.

L'attribution des revenus d'intégration est décidé par le comité spécial du service social. Cet organe est composé de mandataires politiques locaux. La loi leur accorde une autonomie entière de décision.

A Anderlecht, sept membres composent ce conseil, présidé par le président du CPAS, Lofti Mostafa (PS), également président de la société de logements sociaux. 

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