Un canon a été repêché dans l'Escaut à Anvers lors de travaux de dragage dans le cadre du projet de liaison de l'"Oosterweel", a indiqué ce lundi la ville portuaire. Il s'agit probablement d'un canon datant de l'ère napoléonienne, mais la raison de sa présence dans le fleuve n'a pas encore été déterminée. Il devrait être exposé à l’air libre dans le futur, à un endroit de la métropole qui ait un lien avec Napoléon.
Un canon de l'ère napoléonienne repêché à Anvers pendant les travaux de dragage sous l'Escaut
La découverte a eu lieu durant les travaux de dragage de l'Escaut entre le Sint-Annabos sur la Linkeroever (rive gauche) et l'"Oosterweel", un ancien village de polders, sur la Rechteroever (rive droite). En prévision de la construction du nouveau tunnel sous l'Escaut, le chenal de navigation est temporairement déplacé, ce qui nécessite l'enlèvement d'une grande quantité de vase. Les archéologues suivent les travaux de près et peuvent désormais se pencher sur une découverte majeure.
Il s'agit d'un canon de 36 livres de la fin du 18e siècle, utilisé par l'armée française sous les commandes de Napoléon. Le symbole d'une ancre, représenté sur les modèles standards de la flotte militaire française, a par ailleurs été trouvé.
Napoléon a eu une grande influence sur le port et la ville d'Anvers, à laquelle il accordait une grande importance stratégique. Le bourgmestre Bart De Wever le surnomme le "père de la renaissance anversoise" et a réagi avec enthousiasme à la découverte de ce vestige tangible de sa présence. "C'est lui qui a semé les graines de la renaissance d'Anvers en tant que métropole commerciale dotée d'un port mondial", avance le bourgmestre.
"Mais en pratique, les plans ambitieux de Napoléon n'étaient pas tellement d'ordre commercial, mais servaient plutôt des objectifs militaires. Il a assidûment bâti une flotte militaire qui visait à briser le blocus continental par lequel la marine britannique tenait l'Europe continentale sous son emprise."
Le canon va à présent être soigneusement nettoyé et étudié. Il pourra ensuite être exposé, après restauration. D’après l’archéologue Femke Martens, il s’agit “du premier canon de ce type qui est retrouvé à Anvers".

