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Sven Pichal est arrivé au tribunal d'Anvers flanqué de ses deux avocats, méconnaissable avec des lunettes noires et un masque

Le parquet requiert 37 mois de prison, dont un an ferme, à l'encontre de Sven Pichal

Le parquet a requis ce lundi, devant le tribunal correctionnel d'Anvers, une peine de 37 mois de détention, dont un an ferme, assortie de 8.000 euros d'amende à l'encontre de Sven Pichal (photo, au centre). L'ancien présentateur radio de la VRT a été arrêté en 2023 pour détention et diffusion d'images de violences sexuelles sur des mineurs. La défense a plaidé pour une peine de prison avec sursis assortie de conditions. Le verdict sera prononcé le 16 décembre.

Anne François Belga
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L'enquête avait débuté en août 2023 par une dénonciation émanant de l'ancien assistant de production de B.D. Ce dernier a indiqué à la police d'Anvers que l'acteur R.D.B. lui avait envoyé du matériel montrant des violences sexuelles sur des mineurs. Un ami de B.D. était accidentellement tombé sur les images dans son téléphone portable et l'avait incité à se rendre à la police. R.D.B a été interrogé deux jours plus tard et a admis avoir consulté des images de violences sexuelles sur mineurs avec B.D. Au cours d'une enquête complémentaire, des informations inquiétantes concernant Sven Pichal sont apparues.

Des perquisitions ont suivi et le matériel informatique de l'ancien présentateur de radio a été saisi. Plus d'une centaine de photos et vidéos de violences sexuelles sur des mineurs ont été retrouvées sur son téléphone et 35 autres fichiers ont été retrouvés sur son ordinateur portable. Les recherches internet du prévenu ont montré qu'il essayait de se procurer ce type de contenus. Selon les déclarations de B.D. et R.D.B., Sven Pichal a également distribué les images en sa possession, mais aucune trace de ces échanges n'a été trouvée.

"Les fantasmes inassouvis échangés dans les chats sont très troublants, mais ne sont pas punissables. Ils en disent toutefois long sur l'homme qui se trouve devant nous et sur ses problèmes", a commenté le ministère public. L'expert judiciaire qui a examiné l'ancien animateur radio a conclu que celui-ci souffrait d'hypersexualité, avait des fantasmes déviants et reconnaissait être excité par les mineurs. Selon l'expert, l'apparition des problèmes sexuels est antérieure à celle de l'addiction aux stupéfiants de Sven Pichal, mais cette dernière a renforcé son inhibition. Ces deux problèmes sont graves et nécessitent un traitement intensif plus important que celui que le prévenu suit actuellement, a ajouté l'expert.

Lors de ses réquisitions, le parquet a néanmoins retenu le casier judiciaire vierge du quinquagénaire, ses aveux montrant un début de prise de conscience et du bon déroulement de sa libération conditionnelle. "Sven Pichal réalise, reconnait et sait qu'il est coupable," a affirmé la défense, qui a plaidé coupable sur toute la ligne. "Réaliser, reconnaître et savoir est le début de toute guérison".

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La défense plaide pour une peine avec sursis

Me Walter Damen ne s'est pas opposé à une peine sévère, mais a demandé à ce qu'elle ne débouche pas sur le retour de son client derrière les barreaux. Pichal a déjà passé quatre mois en détention préventive, d'abord en prison puis sous bracelet électronique. L'avocat a aussi demandé aux juges de tenir compte d'un certain nombre de circonstances atténuantes, notamment le casier judiciaire vierge de son client, mais aussi sa notoriété. Selon l'homme de loi, cette notoriété rend la réinsertion plus difficile. Certains employeurs pourraient par exemple ne pas vouloir engager l'ex-animateur en raison du bruit médiatique généré par l'affaire.

Me Damen a ensuite énuméré une série de conditions déjà imposées à Sven Pichal et que ce dernier souhaite continuer à respecter. L'ex-animateur n'est pas opposé à l'idée de suivre un traitement résidentiel, mais voudrait poursuivre son traitement actuel. De son côté, Me Davina Simons, la seconde avocate de Pichal, a souligné le chemin parcouru par le quinquagénaire depuis sa mise en cause dans ce dossier. "La recherche d'un suivi approprié n'a pas été simple, lorsque vous êtes en détention préventive vous n'avez pas accès aux programmes d'assistance proposés aux personnes définitivement condamnées". Finalement, Sven Pichal est parvenu à trouver une aide appropriée et suit désormais une thérapie plusieurs fois par semaine. "Il a beaucoup évolué en tant que personne et a acquis des connaissances et des outils lui permettant de faire face à ses problèmes, de reconnaître les éléments déclencheurs et de demander de l'aide", a expliqué la pénaliste.

"Il subit chaque semaine un dépistage pour la drogue et l'alcool, qui se révèle systématiquement négatif. Avant le procès, nous avons également fait tester un échantillon de cheveux, qui s'est également révélé négatif. Son utilisation d'Internet est aussi surveillée et ne pose aucun problème." La défense a enfin souligné que l'époux et les enfants adoptifs du prévenu continuaient à le soutenir et constituaient ainsi un filet de sécurité au niveau social.

Sven Pichal, méconnaissable

Invité à s’exprimer au procès, Sven Pichal a notamment remercié ses proches de continuer à le soutenir. "Cela m’a sauvé". Il a plaidé coupable pour les faits qui lui sont attribués, déclarant avoir honte pour toutes les victimes de violences sexuelles et présentant des excuses à toutes les victimes, mais aussi à ses proches et ses anciens collègues de Radio 2 à la VRT. Il a enfin déclaré vouloir collaborer à des initiatives qui puissent permettre d’éviter des faits tels que ceux dans lesquels il a lui-même été impliqué et a encouragé toutes les personnes qui ont besoin d’aide dans ce domaine à en chercher.

Le verdict sera rendu le 16 décembre prochain.

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