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Quelle est l’origine du théâtre de marionnettes de Toone situé en plein cœur de Bruxelles ?

Juste à côté de la Grand-Place de Bruxelles se trouve un joyau bien préservé : le théâtre de marionnettes de Toone . Un estaminet traditionnel avec des boiseries sombres, un théâtre dans le grenier et des bancs en bois. C’est le seul théâtre de marionnettes traditionnelles bruxelloises encore en activité et c’est l’un des endroits les plus chers au cœur des Bruxellois. Mais quelle est l'histoire de ce théâtre ? C'est le sujet que nous propose de découvrir l’hebdomadaire BRUZZ dans sa rubrique Big City.

BRUZZ Eric Steffens
Publié:

Dans sa rubrique "Big City", l’hebdomadaire bruxellois BRUZZ - destiné aux Bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) - publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale.

L'origine des théâtres de marionnettes remonte au XVIe siècle. À l'époque, Philippe II d’Espagne, fils de Charles Quint, a fait fermer les théâtres pour éviter qu’ils ne deviennent des lieux de rassemblement qui auraient accentué l’hostilité à son égard. En effet, il était détesté par la population. C'est ainsi qu'est née la marionnette comme alternative au théâtre, parce qu'elle pouvait être jouée clandestinement dans les caves et les arrières-cours. Les Bruxellois auraient alors remplacé les comédiens par des marionnettes appelées "poechenelles".

Au début du XIXe siècle, les théâtres de marionnettes à Bruxelles sont l’un des divertissements pour adultes de milieux modestes qui obtient le plus de succès. Ils s’implantent dans les quartiers populaires. Le théâtre de marionnettes permet une grande liberté de ton et de style. Le répertoire, très varié, est emprunté aux légendes populaires, aux histoires de chevalerie, aux opéras ou encore, aux pièces religieuses ou historiques, découpées en feuilleton et interprétées très librement.

Le théâtre de marionnettes est alors une forme d'éducation populaire. Pour la population analphabète, qui n'avait pas les moyens de se rendre à l'opéra ou dans les grands théâtres, c'était un moyen de se tenir au courant de l’actualité culturelle.

Des pièces de théâtre "créées en direct"

Antoine Genty (1804-1890), également connu sous le nom de Toone (diminutif d’Antoine en dialecte bruxellois), était un marionnettiste réputé à l'époque. En 1830, il commença à présenter des spectacles tels que De Vier Heemskinderen (Les quatre fils Aymon) en dialecte bruxellois dans différents lieux des Marolles. On le voyait notamment à l'œuvre dans la rue de Wynants, la rue du Miroir et la rue Christine. Ne sachant ni lire ni écrire, Toone Genty créait ses pièces en direct. Se fiant à sa mémoire, il racontait des légendes populaires.

En ouvrant son "poechenellekelder", il fonda le théâtre de Toone et la dynastie Toone. Le nom de "Toone" est devenu une sorte de titre qui se transmet aux générations suivantes de marionnettistes. Le nouveau Toone doit être accepté par son prédécesseur et par le public. Le titre se transmet aussi parfois de père en fils.

Plusieurs générations de "Toones" se sont ainsi succédé, qui se sont également produits dans des lieux différents. Mais en 1966, le 7e Toone réussit à acquérir une maison datant de 1696 dans l’impasse Sainte Pétronille qui donne sur la rue du Marché-aux-Herbes. C'est l'actuel théâtre de marionnettes, où aujourd'hui le 8e Toone, Nicolas Géal, perpétue la tradition en jouant des pièces telles que Dracula et Les Trois Mousquetaires.

C'est aujourd'hui le seul théâtre de marionnettes traditionnel de Bruxelles. À la fin du XIXe siècle, il y avait encore 45 théâtres de marionnettes dans la région de Bruxelles. Mais ils ont progressivement disparu suite à l'essor du cinéma puis de la télévision  

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