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Une exposition reprenant des chefs-d'oeuvre de 25 ans de formation en création de meubles

Malines accueille une exposition des chefs-d'œuvre de 25 ans d'une formation unique à la conception de meubles

La section de Formation supérieure en conception de meubles (VOMO ) de l’école supérieure Thomas More à Malines fête ses 25 ans d’existence avec une exposition temporaire. Elle est présentée jusqu’au 5 décembre prochain dans l’ancien bâtiment industriel occupé pendant 42 ans par le Musée du jouet (qui vient de déménager), à proximité de la gare de Malines-Nekkerspoel. VOMO - une formation unique en son genre en Flandre - y expose les chefs-d’œuvre réalisés par ses anciens étudiants au cours d’un quart de siècle. C’est aussi l’occasion de rappeler que Malines possède une très vieille tradition de fabrication de meubles, de renommée internationale.

Anne François
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En septembre dernier, le Musée du jouet quittait l’ancien bâtiment industriel qu’il occupait depuis 42 ans à proximité de la gare de Malines-Nekkerspoel pour s’installer dans un tout nouvel espace en souterrain de la gare rénovée de Malines. Son ancien site est donc vide et a été choisi par la section de Formation supérieure en conception de meubles (VOMO) de l’école Thomas More pour y installer pendant un mois son musée pop-up. La boucle est bouclée, en quelque sorte, puisque l’ancien bâtiment à la Nekkerspoelstraat accueillait jusqu’à la fin des années 1970 le grand magasin malinois de meubles NOVA.

"Notre formation existe depuis 25 ans, nous trouvions qu’il était temps de revenir sur cette période. Tous nos anciens étudiants ont dû réaliser un meuble comme travail de fin d’études. Cela fait beaucoup de meubles en un quart de siècle", expliquait à Radio 2 Joris Gijsen, professeur dans le département Voortgezette Opleiding Meubelontwerp (VOMO).

Cinq curateurs ont effectué une sélection parmi toutes ces créations d’étudiants, qui sont exposées jusqu’au 5 décembre dans le musée temporaire. Parmi ces curateurs, il y a Peter Bernaerts qui possède une maison de ventes aux enchères, Katrien Laporte, directrice du Musée du design de Gand, Dieter Van Den Storm, directeur créatif du MAD (plateforme bruxelloise d’expertise dans la mode et le design) et Thomas Vanderveken. Autrefois étudiant en piano au Conservatoire royal de Bruxelles, il présente depuis de longues années divers programmes culturels et de recherche en radio et télévision à la VRT.

"Je suis originaire de Malines et mon arrière-grand-père était menuisier. L’art malinois de créer des meubles coule donc encore un peu dans mes veines", expliquait Vanderveken. "Normalement, je suis très rationnel, je réfléchis beaucoup quand je fais quelque chose. Mais ici j’ai laissé parler mon cœur. J’ai choisi les meubles qui me sautaient aux yeux".

Thomas Vanderveken (VRT) a choisi une partie des meubles exposés

Parmi les étudiants qui sont sortis du VOMO, il y a un certain nombre de créateurs de meubles connus aujourd’hui. "C’est la raison pour laquelle nous avons installé au 3e étage du musée pop-up cinq créations qui ont mené à une belle réussite pour nos anciens étudiants", précise Gijsen. "Ben Storms est par exemple le Michel-Ange de la création de meubles, qui réalise des meubles en marbre" et des matériaux utilisés depuis des siècles, comme l’acier, le verre, le bronze et l’onyx. Il travaille et expose en Belgique, à Paris et Milan, mais aussi dans le reste du monde.

"Et James Van Vossel a réalisé un fauteuil qui est vendu jusqu’en Australie". Cet architecte d’intérieur (47 ans) et designer polyvalent (photo) a créé la marque James en 2006. Il est en constante recherche de formes et de matériaux nouveaux, pour réformer les archétypes. Il ne réalise pas seulement des meubles, mais aussi des jouets et des articles de mode.

Le créateur de meubles James Van Vossel, ancien élève du VOMO

VOMO : une formation dédiée au meuble

La formation en conception de meubles proposée par l’école supérieure Thomas More à Malines (province anversoise) est depuis 25 ans la seule en Belgique qui se spécialise dans le secteur de la création de meubles. Elle a l’ambition de perpétuer la tradition malinoise dans ce domaine, de façon contemporaine et dans un esprit de recherche, indique le site internet du VOMO .

Pendant cette formation d’un an à temps plein, qui nécessite d’avoir déjà dans la poche un diplôme de Bachelier, les étudiants sont plongés dans une collaboration entre créateurs, artisans, industrie et technologie, pour apprendre à développer un projet et un produit personnels dans un contexte architectural plus large. Ils sont en contact avec des organisations et entreprises locales, tout en participant à des foires, expositions et concours internationaux.

Une vingtaine d’étudiants sont acceptés chaque année. Ils terminent leur parcours académique par la réalisation d’un meuble - leur chef-d’œuvre final en quelque sorte. C’est une sélection parmi ces chefs-d’œuvre qui est présentée actuellement au musée pop-up du VOMO.

Aux 19e et 20e siècles, Malines était la ville du meuble par excellence en Belgique

Joris Gijsen, professeur au département VOMO de l’école supérieure Thomas More de Malines

La tradition malinoise de la création de meubles trouve ses racines aux 15e et 16e siècles, lorsque Marguerite d’Autriche permit à cet artisanat de se développer. "Aux 19e et 20e siècles, Malines était la ville du meuble par excellence en Belgique. Quelque 20% des habitants de Malines travaillaient dans ce secteur”, raconte Joris Gijsen.

L’ancien bâtiment industriel quitté depuis peu par le Musée du jouet n’a pas été choisi par hasard par le VOMO pour son exposition temporaire. "En 1928, un magasin de meubles y ouvrit ses portes. Les gens venaient de très loin pour y acheter leurs meubles. Le magasin est resté très populaire jusque dans les années 1970, avant de faire faillite. Grâce à cette exposition, la boucle est bouclée", estime Gijsen.

Les oeuvres de plusieurs créateurs flamands sortis du VOMO et aujourd'hui connus dans le monde entier sont exposées au musée pop-up

Le musée pop-up du VOMO est installé à la Nekkerspoelstraat 21, 2800 Malines L’exposition est gratuite et à voir jusqu’au 5 décembre 2024, du mercredi au dimanche.

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