Selon un décompte de la police bruxelloise, plus de 25.000 personnes ont défilé dans les rues de Bruxelles ce jeudi matin pour réclamer davantage de ressources et d'attention pour le secteur des soins. Les syndicats, réunis en front commun, avaient estimé en amont de l'action qu'elle rassemblerait 10.000 personnes. Ils en ont finalement compté 32.000.
Plus de 25.000 travailleurs du secteur non-marchand ont défilé dans les rues de Bruxelles
Le cortège a démarré des abords de la gare de Bruxelles Nord vers 11h du matin pour rejoindre la place Poelart où des prises de parole ont eu lieu. Les manifestants sont passés par le boulevard Albert II, le boulevard du Jardin Botanique, le boulevard Pacheco, le Mont des Arts, la place Royale, la rue de la Régence et enfin la place Poelaert. Coups de sifflet et pétards ont retenti, en même temps que les chants des manifestants.
Les militants étaient également équipés de pancartes et banderoles avec divers messages adressés aux autorités. "Il est temps pour le non-marchand", "L'austérité nuit gravement à la santé" ou encore "Pour les riches le paradis fiscal, pour nous l'enfer social", pouvait-on lire sur certains des écriteaux.
Une scène "Non-marchand for life" a également été installée au Mont des Arts, en référence au cube "Viva for life" que la RTBF installe chaque année. L'installation visait à dénoncer les conditions de travail du secteur.
"Il ne faut pas 1 mais 2 milliards d’euros en plus"
Avec cette manifestation, les travailleurs des secteurs des soins, de l'aide sociale, de l'accueil de l'enfance, du handicap, du socioculturel ou encore de l'enseignement avaient la volonté de s'inviter à l'agenda des responsables et des négociateurs politiques, notamment au fédéral. Les syndicats ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis du peu d'attention accordée au personnel du non-marchand dans les notes qui ont fuité et les économies annoncées.
Ils mettent également en garde contre une pénurie générale de personnel qui entraîne une hausse de la charge de travail, avec "des cadences infernales". Ils réclament de meilleures conditions de travail pour permettre aux travailleurs du secteur un meilleur équilibre entre le travail et la vie privée.
"Des milliers de personnes donnent aujourd’hui un signal puissant et chaleureux : la situation actuelle ne peut durer", déclarait Olivier Remy du syndicat chrétien ACV Puls. "A moyen terme, nous nous dirigeons vers une crise dans les soins. Les chiffres le démontrent. Nous sommes confrontés à un double vieillissement : celui de la population, qui nécessite plus de travail et des soins plus complexes, et celui du personnel soignant. Plus de 35% des travailleurs du secteur ont plus de 50 ans".
Les syndicats reconnaissent que de nombreux investissements sont activés au niveau flamand, mais ils constatent qu’il n’y a pas de réelle solution pour les besoins fondamentaux du personnel. "Le milliard d’euros qui est libéré est une bonne étape, mais ce montant est insuffisant : il faut y ajouter un milliard d’euros supplémentaire", estime Olivier Remy. Le front commun syndical reconnaît que davantage de moyens avaient été libérés pendant la crise du Covid mais qu'ils ne sont pas suffisants pour embaucher du personnel, améliorer les conditions de travail et de rémunération ou encore intensifier les formations.


