L'inauguration officielle de la formation "Street Poetry@PolBru", dispensée durant le mois de novembre à l'ensemble du personnel de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles, s'est tenue ce mardi après-midi. En partenariat avec l'équipe de l'installation artistique interactive "Poésie Masculine", qui entend lutter contre le harcèlement de rue, quelque 2.600 policiers seront sensibilisés à cette problématique sociale d'ici la fin du mois. Le simulateur, que les policiers sont invités à traverser, doit leur faire ressentir de façon très réaliste ce que ressent une personne victime de harcèlement en rue, afin de pouvoir l’accueillir avec une réelle empathie lorsqu’elle vient déposer une déclaration au poste de police.
La police bruxelloise suit une formation interactive sur le harcèlement de rue à l'aide d'un simulateur très réaliste
Sous l'impulsion de sa section EVA, la zone de police bruxelloise a entamé cette formation immersive mêlant "art, technologies et enjeux de société" le 30 octobre dernier. L'objectif: permettre aux policiers de mieux appréhender l'aide aux victimes des violences sexuelles et sexistes dans l'espace public.
"Chaque agent de police de la zone PolBru suivra cette formation, d'une durée d'environ 1h30", explique Gilles de Boncourt, cocréateur de l'œuvre avec Nathalie Erin et Frédéric Durieu. "Quotidiennement, environ une centaine de policiers de la zone seront formés, et environ 2.600 d'entre eux auront suivi la formation d'ici fin novembre".
Concrètement, ce dispositif artistique multisensoriel propose à chacun de se mettre, pendant cinq minutes, "dans la peau d'une femme harcelée" en entrant dans un "simulateur de harcèlement" - à savoir un tunnel noir long de 8,5 mètres dans lequel diverses images tridimensionnelles et effets sonores suivent le spectateur.
Située au cœur de la Bourse de Bruxelles, l'installation est également ouverte au public pendant le mois de novembre, dès 17h, du mardi au dimanche. Elle n’est cependant pas adaptée aux enfants de moins de 14 ans, sur lesquels elle pourrait avoir un trop grand impact émotionnel. Les parents qui estiment néanmoins que leur jeune adolescent est capable de supporter cette épreuve peuvent prendre la responsabilité de le laisser entrer dans le simulateur.
"Nous serons la première zone de police à prendre part à ce projet de prise de conscience qui vise, par son côté immersif et axé sur le recueil des émotions et le débat, à jouer sur les axes essentiels que sont la prévention, l'éducation et le changement de mentalité, sans tomber dans les écueils de la moralisation et de la stigmatisation", a souligné la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles.
