L’an dernier, 78% des Flamands décédés ont été incinérés. Les autres 12% ont été enterrés dans un cercueil en terre. A Bruxelles et en Wallonie, cette proportion est bien différente : seulement un peu plus de la moitié des défunts y sont incinérés.
Une grande majorité des Flamands opte pour la crémation plutôt qu'un enterrement traditionnel
Si l’on en croit les chiffres du Réseau uni des crématoires publics (VNOC), les Belges optent de plus en plus souvent pour la crémation après le décès, plutôt que pour un enterrement traditionnel. C’est avant tout en Flandre que la crémation est sollicitée, même dans près de quatre décès sur cinq.
"La crémation offre davantage de possibilités", explique Thomas Heiremans, directeur pour la Flandre au sein du funérarium Sereni. "Lors d’un enterrement dans un cercueil, le lieu du repos final est par définition un cimetière. Après une crémation, les cendres peuvent être placées dans un columbarium, mais elles peuvent aussi être conservées dans une urne à domicile, ou être dispersées en mer".
Le coût n’est pas une explication pour le nombre toujours plus élevé de crémations. "Une crémation n’est pas forcément moins chère qu’un enterrement. Il faut y ajouter le coût du processus de crémation. Pour un enterrement traditionnel, il faut par contre compter le prix du cercueil. Mais il en existe dans toutes les catégories de prix", précise Thomas Heiremans.
Moins de crémations en Wallonie et à Bruxelles
Les chiffres révèlent aussi que les enterrements traditionnels restent populaires en Wallonie et à Bruxelles, où la proportion de crémations a même diminué progressivement pendant de longues années.
La situation différente à Bruxelles s’explique de deux manières, indique Tom Wustenberghs, président du VNOC et directeur général du crématorium Pontes. "D’une part, plusieurs crématoriums ont été construits ces dernières années aux alentours de Bruxelles. Les Bruxellois qui optent pour un crématorium en-dehors de leur Région sont repris dans les statistiques de la Flandre ou la Wallonie".
"Un autre facteur important est qu’une grande communauté musulmane vit à Bruxelles. Selon les règles de la foi islamique, il n’est pas permis d’incinérer un défunt".
En Wallonie, Tom Wustenberghs constate une différence entre les villes et les régions rurales. "Dans des endroits très peuplés, les crémations sont plus nombreuses. A la campagne, on envisage plutôt un enterrement traditionnel. C’est pourquoi l’augmentation du nombre de crémations y est moins importante qu’en Flandre".
Il existe aussi moins de crématoriums en Wallonie qu’en Flandre. Ci-dessous, l’emplacement de tous les crématoriums en Belgique.
La résomation, alternative verte à la crémation
Une troisième option pourrait également gagner en popularité ces prochaines années : la résomation, une alternative plus écologique à la crémation. Il s’agit d’une crémation par l’eau ou aquamation, qui consiste à décomposer le corps dans un liquide chimique chaud après la mort.
L’an dernier à la veille de la Toussaint, la ministre flamande de l’Environnement de l’époque, Zuhal Demir, avait annoncé que la Flandre voulait mener un projet-pilote de résomation. L’actuelle ministre flamande des Affaires intérieures, Hilde Crevits, a mis cette alternative à son agenda.
"Prendre congé d’êtres qui nous sont chers est difficile et chacun le vit de manière différente. Je suis certainement ouverte à de nouvelles techniques comme la résomation. Cela donne aux défunts et leurs proches davantage de possibilités de faire ce qui leur semble juste. Je vais donc prendre au plus vite les mesures nécessaires pour élaborer un cadre réglementaire clair à ce sujet", indiquait Hilde Crevits.

