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La main tendue abstraite, haute de 23 mètres, a été réalisée en 1963 en acier et béton coffré sur place.

Qui a conçu l’œuvre d’art en béton qui semble saluer les automobilistes au début de l’autoroute de la mer ?

Les automobilistes qui arrivent dans Bruxelles par l’ouest ne peuvent pas le manquer : mais quel est cet étrange monument en béton appelée le "Signal de Zellik" ? C'est le sujet que nous propose de découvrir l’hebdomadaire BRUZZ dans sa rubrique Big City.

BRUZZ Eric Steffens
Publié:

Dans sa rubrique "Big City", l’hebdomadaire bruxellois BRUZZ - destiné aux Bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) - publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale.

Au bout de l'autoroute E40 Ostende-Bruxelles, à la jonction avec le Ring de Bruxelles à Grand-Bigard, se trouve une sculpture en béton monumentale de plusieurs mètres de haut, sur le terre-plein central. Pour ceux qui se demandent ce que représente cette étrange œuvre d'art située le long d’une autoroute, il s'agit du "Signal de Zellik" de Jacques Moeschal, un sculpteur et architecte bruxellois qui s'est rendu célèbre par son utilisation du béton pour réaliser des œuvres d'art monumentales dans les espaces publics.

Jacques Moeschal (1913-2004) est au départ un architecte mais a suivi une formation de sculpteur à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il s’est peu à peu imposé comme un véritable "architecte-artiste". Ses sculptures les plus connues frappent par leur gigantisme et sont généralement en béton.

Pour lui, le béton est bien plus qu'un matériau de construction ; c'est un moyen de créer des formes abstraites à grande échelle qui s'intègrent puissamment dans l'espace public. Jacques Moeschal s’est fait connaître en 1958, lors de l'exposition universelle de Bruxelles, où il a conçu la "Flèche du génie civil" pour le pavillon du Génie civil.  

Jacques Moeschal devant la "Flèche du génie civil" lors de l'exposition universelle de Bruxelles en 1958

Cette structure impressionnante en béton de 80 mètres de haut fit forte impression sur les visiteurs de l’Expo '58, d’autant qu’ils pouvaient emprunter la passerelle suspendue à cette construction. Véritable prouesse technique, l’œuvre a malheureusement été démoli en 1970 pour faire place à un grand parking. Après cette expérience, Jacques Moeschal allait se concentrer sur la conception et la réalisation de sculptures.

Avec sa "Flèche du génie civil", Jacques Moeschal a prouvé que le béton n'était pas seulement adapté aux bâtiments, mais aussi à l'art monumental. Après ce succès, Moeschal s'est entièrement consacré à la création de sculptures pour les espaces publics, y compris le long des autoroutes. Il voulait que tout le monde puisse voir et expérimenter ses œuvres, et pas seulement les visiteurs des musées ou des galeries d’art. C’est une sorte de démocratisation des musées : "permettre aux automobilistes d’admirer des sculptures le long des autoroutes depuis leur voiture. De cette manière l’art est à la portée de tous".

Des structures immenses

La robustesse et la polyvalence du matériau lui ont permis de créer des œuvres aux proportions immenses, qui restaient visibles pendant des années. L'une de ses œuvres les plus connues, le "Signal de Zellik", consiste en une immense boucle ouverte reposant sur une colonne de béton de 23 mètres de haut. Cette sculpture semble saluer les automobilistes qui entrent ou qui sortent de Bruxelles.

Toutes ses œuvres témoignent d'une grande foi dans le progrès technique, la mobilité individuelle et l'avenir. Le ciel était la limite, littéralement. Son œuvre s'élance à des mètres dans le ciel comme un boulet de canon.

Moeschal a créé des œuvres non seulement en Belgique, mais aussi à l'étranger. Il a par exemple créé une œuvre d’art en béton dans le désert du Néguev en Israël et conçu un disque solaire de 20 mètres de haut pour les Jeux olympiques de 1968 à Mexico.  

L'impressionnant "Disque solaire" à Mexico city

L'utilisation du béton lui a permis de créer des œuvres à la fois solides et durables, idéales pour les espaces publics constamment exposés aux intempéries.

En 2018, le "Signal de Zellik" a été officiellement protégé en tant que monument en raison de sa valeur historique, architecturale, artistique et technique. Il s'agit non seulement d'une balise pour les automobilistes qui entrent et sortent de Bruxelles, mais aussi d'un hommage durable au potentiel du béton en tant que matériau artistique.  

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