La Région bruxelloise a décidé d'inscrire sa Brussels Pride sur la liste de son patrimoine culturel immatériel, première étape indispensable à une éventuelle reconnaissance par l'Unesco. C’est ce qu’a annoncé la Secrétaire d’Etat au Patrimoine, Ans Persoons.
La Région bruxelloise inscrit la Pride à son patrimoine culturel immatériel
Evénement à la fois festif et militant, la Pride célèbre chaque année la cause ainsi que les droits de la communauté LGBT+. Elle se tient traditionnellement autour du 17 mai, Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie (IDAHOT). La Région bruxelloise est la première Région du pays à reconnaître cet événement comme partie intégrante de son patrimoine immatériel.
"Nous voulons montrer que la Pride fait partie de notre identité collective", indiquait Ans Persoons. "Bruxelles est une ville queer fière de l’être et se veut un exemple international de ville qui célèbre et protège la diversité".
Cette initiative bruxelloise est une étape indispensable avant l'introduction future auprès de l'Unesco d'une candidature transnationale des Prides au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité. Les Pays-Bas veulent prendre l’initiative de cette candidature pendant la WorldPride qui sera organisée en 2026 à Amsterdam.
Les Samedis Roses
La Pride connait une longue histoire en Belgique, qui remonte à la première "Journée gay" organisée en 1978 à Gand. Ce n’est qu’en 1990 qu’un événement récurrent vit le jour en Belgique : les Samedis Roses.
Ils furent organisés à Bruxelles en 1996 et eurent tellement de succès qu’il fut décidé d’organiser une Pride nationale annuelle. Depuis lors, l’événement a gagné en succès, passant de 5.000 participants en 1990 à 200.000 en 2024.
"La reconnaissance de la Région bruxelloise est un énorme pas en avant, puisque jusqu’en 1996 nous n’avons même pas été autorisés à emprunter les allées centrales de la capitale", expliquait Cille Deman de la Brussels Pride. "Dans le domaine de la législation, il s’est passé beaucoup de choses en peu de temps, mais les mentalités ne changent pas aussi vite que les lois. Nous sommes autorisés à nous marier, mais la plupart des homosexuels n’osent pas marcher en rue en se tenant par la main. Il faudra encore beaucoup de temps pour changer les mentalités, raison pour laquelle la Pride reste nécessaire".
