Alors qu’en l’espace de deux jours le PVDA, Vooruit et Groen ont successivement annoncé renoncer à leur droit d’initiative pour former une coalition communale à Anvers, le parti d’extrême-droite Vlaams Belang s'est dit prêt, mercredi soir, à assumer ce droit qui lui revient après les désistements précités. Son chef de file Filip Dewinter a indiqué vouloir contacter la N-VA pour un entretien, sans se faire beaucoup d’illusions. Le Vlaams Belang devrait se retrouver sans interlocuteur, puisque la N-VA et Vooruit poursuivent leurs pourparlers exclusifs et comptent bien former une coalition.
A Anvers, le Vlaams Belang ne renonce pas à son droit d'initiative mais est sans interlocuteur
Après le PTB (PVDA) et Vooruit mardi, ce fut au tour de Groen de renoncer, mercredi, à prendre la main dans les négociations pour la formation d'une coalition communale à Anvers. Le droit d'initiative est une nouveauté du scrutin communal en Flandre. Il revient à l'élu ayant obtenu le plus de voix de préférence sur la liste qui a récolté le plus de votes. Il permet à cet élu, pendant une période de 14 jours, de tenter de constituer un accord de majorité avec d'autres listes, si la sienne n'a pas décroché la majorité absolue.
S'il échoue, le droit d'initiative passe au parti suivant. Au lendemain des élections du 13 octobre, ce droit est allé au bourgmestre sortant, le président de la N-VA Bart De Wever, qui a rapidement annoncé des négociations exclusives avec Vooruit. Celles-ci n'avaient toutefois pas abouti mardi, à l'échéance des deux premières semaines du droit d'initiative. La main est alors passée au PVDA, qui y a immédiatement renoncé, jugeant que cela n'avait plus de sens au vu des négociations exclusives N-VA-Vooruit.
"Une absurdité"
Dans la foulée, les socialistes flamands ont également renoncé à leur droit, se libérant ainsi d'une échéance à deux semaines et annonçant vouloir prendre autant de temps que nécessaire pour former un bon accord avec la N-VA. Les négociations N-VA-Vooruit se poursuivent donc hors du cadre du droit d'initiative.
Les Verts (arrivés quatrièmes au scrutin communal, avec 10,7% des voix) ont dénoncé l'absurdité de la situation et appelé le gouvernement flamand à revoir en profondeur le décret électoral. Selon leur chef de file, Bogdan Vanden Berghe, la N-VA et Vooruit lui ont bien confirmé vouloir poursuivre leurs négociations exclusives. Bref, toute personnalité issue d'un autre parti, qui hériterait du droit d'initiative, est désormais "un roi nu".
"Pas d'illusions"
La balle passait donc dans le camp du Vlaams Belang, qui a obtenu le 5e meilleur résultat au scrutin communal, avec 10,6% des voix. Son chef de file Filip Dewinter semble disposé à endosser ce rôle. Il a annoncé mercredi en fin de journée vouloir assurer ce qu'il présente comme un "devoir démocratique", en invitant la N-VA (37,2% des voix) et le CD&V(3,4% des voix) à discuter.
"Je ne me fais pas d’illusions : Bart De Wever n’aura pas subitement changé d’avis", déclarait Filip Dewinter à VRT NWS. "Mais des discussions avec lui pourraient certainement servir à rappeler à la N-VA certaines de nos questions prioritaires pour Anvers".

